Interview
Utiliser les médias sociaux pour la gestion de projet
Monsieur Rossetti, votre département à l’Innovations Competence Center a changé de nom en 2011. Il ne s’appelle plus «Environnement du travail de demain» mais «Collaboration et communication de demain». Pourquoi?
Chez Swisscom Innovations, nous nous occupons de visions. Nous essayons d’identifier précocement les tendances qui pourraient être appropriées pour nos clients. Les plus gros défis en termes d’environnement futur du travail résident dans notre façon de travailler ensemble sur des projets et de nous organiser. C’est ce en quoi réside le domaine de recherche pertinent.
Vous vous attelez cette année au thème de la «gestion de projet». De quelles questions s’agit-il concrètement ici?
Il est déjà difficile avec une équipe de cinq personnes d’organiser des réunions de projet régulières. Il n’y a jamais eu autant d’employés à temps partiel et de collaborateurs sans poste ni lieu de travail fixes. Les cycles de projet sont plus courts et souvent, on fait appel à des experts seulement d’une façon temporaire. Ceci place l’entreprise devant des défis de taille. Comment une équipe peut-elle travailler online et offline sur le même sujet depuis des lieux différents? Comment, en tant que chef de projet, puis-je rendre les informations accessibles en temps réel? C’est là que commence notre travail. Nous réfléchissons à de nouvelles possibilités de partage et de visualisation des connaissances et ainsi aussi, à davantage d’efficience et de productivité dans le quotidien du travail.
Les possibilités de «partage de connaissances» sont déjà très nombreuses. Pourquoi faut-il de nouvelles approches et dans quelle direction doivent-elles aller?
De nombreux services existants ne sont plus au goût du jour. Depuis quelques années, les smartphones, par exemple, sont devenus indissociables du quotidien (professionnel). Malgré tout, la messagerie électronique et la synchronisation du calendrier sont les seules fonctionnalités qui soient également disponibles sur les appareils mobiles. La principale raison à cela est la manière dont les entreprises se protègent des accès non autorisés. De nombreux services sont limités artificiellement à l’Intranet. En revanche, nous observons sur le marché libre le phénomène de «webification» - une forte tendance à l’utilisation de services gratuits ou «pay per use» de l’Internet comme par exemple Doodle et Google Docs. Au sein de l’entreprise, on emploie de nouveaux outils comme des Wikis, des profils Intranet spécifiques aux projets et des systèmes de partage. Le nombre de plates-formes disponibles pour stocker les connaissances est considérable aujourd’hui! Mais cela est trop souvent source d’éparpillement. Actuellement, il n’existe ni service avec lequel je pourrais explorer toutes ces plates-formes avec un seul terme, ni une information active à mon intention dès qu’un autre membre du projet publie un article sur un thème. En principe, ce sont les possibilités des médias sociaux que nous voulons utiliser pour la gestion de projets.
Comment êtes-vous organisé pour ce travail et comment partagez-vous vos connaissances?
Dans le cadre du projet, nous travaillons avec des chercheurs de tendances, des experts en Usability et des concepteurs issus de différents domaines. Récemment, nous avons banni Powerpoint en tant que média de connaissance! Ces dernières années, de nombreuses présentations sur le même thème ont été créées chez nous. Elles ont été classées sur divers File-Shares – et on ne les a plus jamais retrouvées. Et régulièrement, des collaborateurs ont été encouragés à créer de nouvelles présentations… Maintenant, nous utilisons un Wiki dans lequel tous les résultats pertinents sont publiés d’une manière centralisée.
Quand présenterez-vous vos solutions pour une collaboration de projet simplifiée?
Nous donnerons de premiers résultats fin novembre 2011 à l’INOFair, le salon annuel dédié à l’innovation de Swisscom.