Quatre couples et leur relation à distance

Si loin et si proches!

Skype, WhatsApp et Snapchat facilitent aujourd’hui les relations à distance. Vraiment? Quatre couples nous racontent comment ils vivent ensemble malgré la séparation géographique.

Hansjörg Honegger, 13 janvier 2016, zVg (photos)

VIENNE-ZURICH, 592 kilomètres

 

Brigitte, Vienne (photo ci-dessus): «Oliver et moi, nous avons depuis 2007 une relation à distance. Mon travail me permet de vivre dans deux ville, même si l’épicentre de mon existence reste à Vienne. Mais il y a aussi des phases où je passe beaucoup de temps à Zurich.»
    
«Skype et WhatsApp sont indispensables à notre relation. Nous nous téléphonons presque tous les jours, mais ce ne sont parfois que de courts échanges, comme par exemple pour nous dire bonne nuit. Les longues conversations se déroulent trois à quatre fois par semaine sur Skype. L’avantage de cette plateforme est qu’elle ajoute la présence visuelle. Le fait de se voir et d’observer la mimique de l’autre nous aide à supporter plus facilement les moments de séparation. Autrefois, nous avons même régulièrement pris le petit déjeuner ensemble via Skype. Un autre avantage de Skype : si je suis énervée, je peux simplement raccrocher, ce qui n’est naturellement pas possible quand on se rencontre personnellement.»

«Par WhatsApp je peux envoyer une photo à Oliver et lui écrire quelques lignes quand je vois quelque chose qui m’interpelle. Parfois, je lui dis simplement hello parce que je pense justement à lui et qu’il me manque. Il arrive que je doive défendre ma relation. On me dit: "Un jour ou l’autre, vous devrez vous décider, ça ne peut pas toujours continuer comme ça." C’est une affirmation idiote! Bien sûr, si on est très jaloux et qu’on a peu confiance en soi et dans son partenaire, une telle relation ne peut pas marcher. Oliver est mon partenaire et aussi l’un de mes meilleurs amis! Et en plus, j’ai le privilège de pouvoir habiter dans deux villes magnifiques.»

Oliver, Zurich (photo ci-dessus): «Nous avons deux logements dans deux villes distinctes, c’est le pied. On me demande souvent: "Quand est-ce que vous allez enfin emménager ensemble?" Et puis je me dis: Quoi? Mais elle habite déjà depuis six ans avec moi, et moi j’habite aussi chez elle à Vienne.»
«Aujourd’hui, ça me plaît de voir la personne que j’aime sur l'écran, même si elle est absente.»

Oliver, Zurich

«Il arrive que je doive défendre ma relation. On me dit: "Un jour ou l’autre, vous devrez vous décider." C’est une affirmation idiote!»

Brigitte, Vienne

«Grâce au smartphone et à WhatsApp, nous sommes toujours en contact. C’est génial, je me sens proche d’elle et peux lui communiquer tout ce qui me préoccupe ou me réjouit. Le vidéochat via Skype m’a demandé un temps d’adaptation, mais aujourd’hui, ça me plaît de voir la personne que j’aime sur l'écran, même si elle est absente.»

«Les moments difficiles sont ceux où les paroles ne suffisent pas, où on aimerait s'embrasser. Là, tu te sens assez impuissant devant ton écran et tu regardes ton amie en larmes. Mais il arrive aussi que ce soit commode. Par exemple quand nous commençons de nous disputer et que je n’en ai pas envie. Alors, il me suffit de conclure le chat et de mettre mon téléphone en mode avion. D’accord, ce n’est pas la meilleure réaction, mais après huit ans, je sais que je peux me le permettre de temps en temps.»

 

 

ZURICH-MIAMI, 7'843 kilomètres

 

En raison du décalage horaire de six heures entre Zurich et Miami, la communication exige une certaine planification.

 

 

Miriam: «Frederik et moi, nous formons un couple depuis quatre ans. Depuis une année et demie, nous avons une relation à distance. Il a trouvé un job aux USA qui est important pour sa carrière. Nous nous voyons environ tous les trois mois. Notre communication se déroule essentiellement par téléphone.»

 

«Nous nous téléphonons tous les jours et skypons les fins de semaine. En raison du décalage horaire de six heures, tout cela exige une certaine planification. Au long de la journée, nous sommes en contact via le PC et nous envoyons de petits messages ou des mails. Ainsi, nous pouvons partager notre quotidien avec nos soucis, nos joies, nos succès et nos échecs. Sans tous ces petits échanges, nous ne serions pas si proches et en fin de compte, la proximité est importante pour la survie de notre relation.»

«Je suis contente que nous n’ayons pas abandonné malgré son départ à Miami.»

Miriam, Zurich

«Nous partageons de la musique. Cela va très bien malgré la distance et ça nous rapproche.»

Frederik, Miami

«Pour cette relation à distance, je me suis spécialement acheté un smartphone et aussi une tablette pour nos séances de Skype. Une telle relation n’est pas à conseiller aux âmes sensibles, mais si on aime vraiment quelqu’un, alors on devrait tenter le coup. Je suis contente que nous n’ayons pas abandonné malgré son départ à Miami. Quand nous aurons surmonté cette phase, je serai très fière de nous.»

 

Frederik: «Nous communiquons fréquemment malgré la très grande distance: Skype, Messenger, mail, SMS et aussi des messages via Soundcloud et Facebook. La semaine dernière par exemple, je lui ai écrit 38 mails. La musique compte beaucoup dans notre couple: nous écoutons les mêmes chansons et en parlons ensuite. Cela nous unit et la distance ne pose aucun problème.»

 

 

BARCELONE-LOS ANGELES, 9'654 kilomètres

 

Lars sur Skype. Mais il est aussi un grand adepte des appels via WhatsApp.  

 

 

Lars:«Cela fait un peu plus d’une année que nous sommes ensemble et nous avons déjà essayé les deux options: la vie commune et la relation à distance. L’été dernier, nous avons vécu ensemble à Zurich, où nous avions tous les deux un travail. Comme nous sommes de nouveau séparés pour des raisons professionnelles, nous essayons de nous voir au moins une fois par mois, ce qui a très bien marché jusqu’ici.»

«Nous sommes tous les jours en contact par WhatsApp et par Skype. J’adore les appels via WhatsApp, la qualité s’est nettement améliorée et comme nous avons tous les deux une bonne couverture Wifi, nous pouvons converser sans problème. Mais bien sûr, cela nous fait plaisir de nous voir sur Skype, en moyenne trois à quatre fois par semaine.»

«Tous ces moyens techniques sont très bien, mais pour moi, il est important que nous puissions nous voir au moins une fois par mois.»

Lars, Barcelone

«Tous ces moyens techniques sont très bien, mais pour moi, il est important que nous puissions nous voir au moins une fois par mois. Comme dans tous les couples, nous avons de temps en temps des disputes et par Skype, c’est franchement pénible. Et quand en plus la connexion est mauvaise, il arrive qu’on hurle contre son laptop.»

 

 

Adrian envoie de temps en temps des photos ou des vidéos par Snapchat.

 

Adrian: «En raison de notre travail, nous vivons dans des mondes complètement distincts. Nous essayons malgré tout de communiquer aussi souvent que possible, de préférence via Skype. Nous venons d’installer Snapchat. C’est un moyen amusant de montrer ce qui nous occupe l’esprit avec une photo ou une petite vidéo. A cause du décalage horaire de neuf heures, nous devons nous organiser pour pouvoir nous parler. Mais à part cela, je me sens très proche de Lars quand nous conversons sur Skype.»

«C’est un moyen amusant de montrer ce qui nous occupe l’esprit avec une photo ou une petite vidéo.»

Adrian, Los Angeles

«Au début de notre relation, j’avais encore un vieux téléphone mobile avec une mauvaise couverture, un accu toujours vide, bref, c’était l’horreur. Avec mon nouveau smartphone, un grand nombre de nos problèmes de communication se sont dissipés comme par enchantement.»

«Je ne pourrais pas m’imaginer avoir une relation à distance sans que je puisse régulièrement voir mon partenaire. En été, nous étions assis dans les collines au-dessus de Los Angeles et avons assisté ensemble au coucher du soleil. C’était hyper romantique!»

 

 

ZURICH–INDONÉSIE, 12'004 kilomètres

 

 

Pluie à Zurich, plage de rêve à Gili Trawangan – qui n’aurait pas fait pareil et construit sa maison sur l’île indonésienne?

 

Julia: «J’ai fait la connaissance d’Adi après m’être fait voler ma bicyclette de location sur l’île indonésienne de Gili Trawangan. Il travaillait à cette époque auprès du locataire de vélos. Nous avons passé la soirée ensemble et avons échangé nos adresses mail. Très vite, nous avons repris contact et il ne quittait plus mes pensées. Au bout de mon voyage de plusieurs mois, je suis retournée le voir pour quelques jours et depuis lors, nous formons un couple. Il y a déjà deux ans et demie de cela. Nous nous voyons deux à trois fois par année, chaque fois pendant environ trois à six semaines.»
 
«Nos périodes de séparation, nous les comblons par WhatsApp. La connexion internet en Indonésie est malheureusement trop mauvaise pour Skype. Elle s’interrompt brusquement, ce qui rend toute conversation quasiment impossible. Nous nous sentons malgré tout très proches. Quand Adi se rend le soir au Sunset, le petit bar de la plage sur son île, il me demande toujours si j’aimerais l’accompagner.»

«Nous partageons un compte Spotify et pouvons ainsi écouter la même musique.»

Julia, Zurich

«Nous nous écrivons en général avant d’aller nous coucher ou après nous être levés. Et il m’envoie souvent des photos des cocotiers et du hamac dans notre jardin, ou alors un flamboyant coucher de soleil. Nous partageons un compte Spotify et pouvons ainsi écouter la même musique. Cela ne pose aucun problème, même quand on vit dans des fuseaux horaires différents.»

«L’année passée, Adi et moi avons construit ensemble une maison sur l’ile de Gili Trawangan. Maintenant, nous allons essayer de vivre la chose à l’envers: le quotidien en Indonésie et les vacances en Suisse.»

 

Adi: «Nous nous voyons seulement tous les deux ou trois mois. Ça marche parce que nous nous faisons confiance et nous aimons. Mais pour nous, il est vital que nous puissions nous écrire des messages par WhatsApp tous les jours. Au début de notre relation, c’était difficile, parce que mon téléphone n’était pas adapté. Puis Julia m’a donné le sien et à partir de là, tout a été plus facile.»

«Ma première visite en Suisse avec Julia a été pour moi un moment privilégié.»

Adi, Gili Trawangan, Indonésie

«Ma première visite en Suisse avec Julia a été pour moi un moment privilégié. Nous sommes allés ensemble à Jakarta pour solliciter mon visa. Puis, nous avons pris l’avion pour la Suisse. C’était mon tout premier vol! Nous avons même pu voir notre future maison depuis le hublot. C’était fantastique. Depuis que je l’ai accompagnée en Suisse, je comprends mieux ce qu’elle me raconte au sujet de son travail et de ses loisirs.»

 

 

 

 

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