Réseau mobile pour la Patrouille des Glaciers

«L’installation doit aussi résister à des tempêtes de foehn»

Pour la Patrouille des Glaciers, des collaborateurs de Swisscom et des soldats en cours de répétition ont mis en place un réseau mobile temporaire. Hansrudolf Ziegler nous explique quels défis les techniciens ont dû surmonter à 3000 mètres d’altitude.

Andreas Turner (texte), Lukas Wassmann (photos), 27 avril 2016

Quels sont les défis auxquels sont exposés Swisscom et l’Armée lors de la mise en place du réseau mobile de la Patrouille des Glaciers?


Nous construisons tous les deux ans pour chaque édition de la course un réseau GSM temporaire, qui couvre l’ensemble de l’itinéraire. A Zermatt, à Arolla et à Verbier, il y a des stations de base et des cellules de communication mobile fixes en service toute l’année. Dans les zones intermédiaires, il existe des lacunes dans le réseau. Pour les combler, il faut trois stations de base supplémentaires et trois répéteurs de signal. L’objectif principal de ce réseau est d’assurer la sécurité de tous les participants.

En quoi consiste une station de base mobile?


Elle est constituée d’une armoire rack 19 pouces qui fait environ 1 mètre de haut et qui contient les unités d’émission-réception ainsi que la connexion au réseau pour la transmission du signal. A cela, il faut ajouter les mâts et les antennes. Comme il s’agit d’un réseau de sécurité, chaque point de l’itinéraire doit être couvert.

 

 

L’itinéraire de la Patrouille des Glaciers conduit de Zermatt à Verbier.  

 

 

Comment arrimez-vous les appareils et les antennes dans le sol ?


Les mâts sont fixés à l’aide de câbles de tension, à l’extrémité desquels se trouvent des planches de 60 cm sur 60 enfouies dans la neige. En 2012, nous avons eu une grosse tempête de foehn avec des pointes de vent à 200 km/h. Mais les mâts ont tenu – ils étaient tout au plus légèrement voilés.

D’où provient l’énergie électrique?


Les stations de base du réseau mobile sont toutes alimentées par une génératrice diesel. Les 1500 récepteurs GPS qui équipent les patrouilles sur leurs téléphones mobiles sont spécialement conçus pour des conditions extrêmes et fonctionnent sur accus. Pour les impondérables, elles disposent d’une batterie de secours. Cette année, 4300 participants sont inscrits. Les plus lents ont besoin de 14 heures pour accomplir la course. La capacité des accus est amplement suffisante.

 

 

1/4 Les collaborateurs de l'unité Télécom travaillent dans des conditions extrêmes.

2/4 Les antennes temporaires installées sur la Rosablanche doivent résister à des pointes de vent allant jusqu'à 200 km/h.

3/4 Pendant les travaux, les spécialistes passent plusieurs jours sur la Rosablanche.

4/4 Au coeur du bivouac sur la Rosablanche.

1/4 Les collaborateurs de l'unité Télécom travaillent dans des conditions extrêmes.

 

En quoi le réseau est-il important pour la sécurité?


Chacune des quelques 1500 patrouilles participantes reçoit un récepteur GPS intégré dans les téléphones mobiles dont je vous parlais tout à l’heure. Ce dispositif capte les signaux des satellites GPS et détermine la position des participants. Toutes les deux minutes, le récepteur GPS envoie automatiquement un sms à la centrale à Sion, où la direction de la course surveille à tout moment le déroulement de l’évènement. Parallèlement, à l’aide de ce récepteur chaque patrouille peut déclencher l’alerte en cas d’accident.

Le réseau remplit-il encore d’autres fonctions?


Oui, il joue un rôle dans le chronométrage de l’évènement. Les quatorze postes traversés par les patrouilles émettent un signal lors de leur passage à l’aide d’un transpondeur.

 

 

Dans le cadre de la Patrouille des Glaciers, les techniciens assurent la couverture LTE à l’aide de cellules de communication mobile temporaires.

 

 

Comment fonctionne la retransmission en direct de la course?


Les équipes de Swisscom Broadcast innovent cette année avec un système de caméras haute résolution, qui supporte les conditions les plus hostiles. Elles permettront aux spectateurs de suivre la course en direct. Ces caméras mobiles peuvent même être commandées à distance. Les signaux sont directement transmis à une fréquence de 1800 MHz via une cellule LTE à la station de base temporaire du Mont Fort. De là, ils poursuivent leur chemin par un câble de fibre optique jusqu’à un centre de calcul, qui les traitera avant de les distribuer sur l’app de la Patrouille et sur internet.

 

 

 

Réseau mobile de sécurité

 

Swisscom Broadcast met non seulement en place le réseau mobile temporaire, mais équipe aussi les membres de la Patrouille des Glaciers d’un système de communication radio DMR (Digital Mobile Radio). Celui-ci a pour fonction d’assurer la communication entre les organisateurs et les sauveteurs. Le réseau mobile quant à lui est composé de 14 stations de base sur sept sites. En tout, 180 appareils radio sont en service.

Le Technical Operating Center de Sion surveille aussi bien le réseau mobile que le réseau de sécurité DMR et assure son fonctionnement durant les sept jours de la course, 24 heurs sur 24.

 

 

 

Toute cette infrastructure est temporaire. Une partie de l'installation au moins peut-elle rester dans les montagnes pour la prochaine édition?


Peu d’éléments sont montés de manière fixe, sauf quelques antennes placées sur des cabanes CAS. La majeure partie de l’infrastructure du réseau doit être démontée, car elle est directement installée sur le glacier ou à l’intérieur de cabanes d’alpage.

 

Quel est le volume du matériel engagé ? Comment est-ce qu’il est transporté sur place?


Ce sont près de trois tonnes de matériel réunies sur quatorze palettes CFF, qui doivent être transportées. Une partie est amenée avec le télécabine, mais la majeure partie emprunte la voie des airs avec les hélicoptères de l’armée, qui se chargent aussi du transport de l’ensemble du matériel utilisé par les participants.

 


L’ascension sur la pente escarpée qui conduit à la Rosablanche.

 

 

Comment est-ce que Swisscom et l’Armée se partagent les tâches?


Pour la mise en place du réseau, Swisscom travaille en étroite collaboration avec la direction de la Patrouille des Glaciers ainsi qu’avec la Base d’aide au commandement de l’Armée. Swisscom se charge de la partie technique avec ses spécialistes appartenant à l’unité Constructions et Opérations, habitués à travailler dans des conditions extrêmes.

Depuis 2014, il existe une collaboration avec Uepaa! – une app spécialisée dans le sauvetage via réseau mobile.


Le service Uepaa! s’adresse plutôt aux supporters, qui suivent également l’évènement en direct depuis le glacier. Si l’un des ces fans se trouve en détresse, il peut appeler le service d’urgence Uepaa! via l’appli de la Patrouille des Glaciers, sur laquelle est d’ailleurs aussi diffusé le flux vidéo de la Rosablanche.

 

Hansrudolf Ziegler

Hansrudolf Zielger, 61 ans, a dirigé pendant 17 ans les réseaux sans fil de Swisscom et occupe aujourd’hui le poste de Service Owner Wireless dans le domaine Réseau. Fort de son expérience, l’ingénieur diplômé est responsable de la technique et de l’exploitation du réseau mobile temporaire de la Patrouille des Glaciers.

 

 

 

Assistance hors réseau

Près de 1000 alpinistes sont chaque année victimes d’un accident en montagne. Grâce à l’app suisse Uepaa!, ils peuvent aussi donner l’alerte depuis des endroits sans couverture mobile. Pour en savoir plus, consultez le site web d’ Ueepa!

 

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Entreprenez-vous aussi des randonnées à skis? Auriez-vous envie de participer à une course aussi dure que celle de la Patrouille des Glaciers?

 

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