Silicon Valley romande

Des cerveaux en effervescence!

On parle souvent depuis quelques années de la «Silicon Valley romande», par analogie avec la Silicon Valley située au sud de San Francisco en Californie, haut lieu de la technologie de pointe.

Hélène Koch (texte), 19 octobre 2015

On dénombre dans notre région une myriade de start-up innovantes concentrées dans un petit espace géographique, avec en amont des recherches et un savoir-faire portés en grande partie par l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). Tout comme la Californie, la Silicon Valley romande attire des talents prometteurs du monde entier. On estime ainsi que quatre start-up sur cinq sont fondées par un étranger.

 

 

La Haute Ecole d’Ingénierie Arc, dont le campus principal est basé à Neuchâtel, est un pôle d’excellence scientifique réparti sur plusieurs sites de l’arc jurassien.

 

 

On dit souvent des fleurons de la Silicon Valley qu’ils sont nés dans un garage. Les start-up romandes, elles, naissent le plus souvent dans l’une des multiples écoles de pointe de la région, par exemple à la Haute Ecole d’Ingénierie Arc (HE-Arc, dans l’arc jurassien), ou bien à l’EPFL. Une centaine d’inventions voient le jour chaque année rien qu’à l’EPFL, et plus de la moitié des licences sont exploitées par des PME suisses, avec à la clé la création d’emplois à la fois au niveau local et international.

Les incubateurs et parcs technologiques se sont multipliés ces dernières années à travers toute la Suisse romande.

Une fois créée, toute start-up doit traverser une série d’épreuves auxquelles beaucoup ne survivent pas: trouver du financement, un marché porteur, passer du prototype de laboratoire à la production en série… C’est ainsi que se sont mis en place toute une série d’outils au niveau politique et économique, afin d’aider les entrepreneurs à franchir ce que l’on appelle souvent la «vallée de la mort» des start-up.

 


Incubateurs et parcs technologiques


Les incubateurs et parcs technologiques se sont multipliés ces dernières années à travers toute la Suisse romande. Ils offrent des infrastructures, à commencer par des locaux adaptés, tels que les salles blanches. On peut entre autres citer Neode à Neuchâtel, TechnoArk en Valais, le Y-Parc à Yverdon ainsi que l’Innovation Park, le parc scientifique et technologique de l’EPFL. Ces deux derniers accueillent aussi bien des start-up que des entreprises matures, alors que d’autres sont uniquement des incubateurs, comme Neode, à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds. Certains pôles d’innovation sont spécialisés dans un domaine: les cleantechs pour la Blue Box à Genève et les TIC (technologies de l’information et de la communication) à TechnoArk en Valais. D’autres, comme l’Innovation Park de l’EPFL, couvrent des domaines qui vont de l’informatique à l’engineering en passant par les télécoms et les recherches sur les matériaux.

 

 

Une conservatrice de la Fondation Bodmer travaille à un projet de numérisation avec Julien Lalande, chercheur à l'EPFL et co-fondateur de la start-up ARTMYN.

 

 

Soutien à l’innovation et synergies internationales
 

Il existe toute une série d’organismes publics cantonaux ou fédéraux de soutien à l’innovation et aux start-up. On trouve ainsi la CTI, Commission pour la Technologie et l’innovation, qui aide au niveau fédéral les projets innovants sous forme de financements, de conseils et de mise à disposition de réseaux professionnels.


La Suisse romande offre un tissu très dense de PME spécialisées dans des domaines pointus. L’Arc jurassien concentre ainsi de très nombreuses entreprises spécialisées dans la microtechnique, le biomédical et les nanotechnologies. Neuchâtel abrite aussi le CSEM, le Centre Suisse d’Electronique et de Microtechnique (lire à ce sujet notre Chronique sur les smartwatches). C’est ce qui explique l’implantation de Microcity à Neuchâtel en 2013, antenne de l’EPFL spécialisée dans les micro- et les nanotechnologies. Des synergies se nouent aussi au niveau international: l’Y-Parc s’est par exemple allié au pôle industriel japonais d’Ota City, qui regroupe plus de 4'000 PME actives dans la R&D, notamment pour les secteurs automobile et électronique.

 


Le cerveau recréé


Du côté de la recherche, la compréhension du cerveau humain avance à grands pas. Deux ans seulement après son lancement, le Human Brain Project a déjà réalisé une reconstitution informatique partielle du néocortex, siège des fonctions intellectuelles supérieures telles que la conscience et le langage.

Nous réunissons en Suisse romande une extraordinaire variété de compétences scientifiques et technologiques. La Silicon Valley californienne est avant tout axée sur l’informatique, alors qu’on trouve ici des start-up actives dans des domaines aussi variés que les télécoms, les nanotechnologies, l’internet des objets, les drones, le biomédical, ou les énergies renouvelables. Petit territoire au niveau géographique, la Suisse romande est un pôle technologique mondial qui regroupe tous les atouts pour s’imposer dans les industries d’avenir.

 

 

Henry Markram est professeur de neurosciences et responsable du Human Brain Project, dont le pilotage a été confié à l'EPFL pour la période 2013-2023.

 

 

EPFL: rétrospective en quelques dates clés


Ecole locale au départ, l’EPFL s’est muée en université mondialement reconnue ces dernières décennies.


1969: l’EPUL (Ecole Polytechnique de Lausanne) devient l’EPFL, Ecole Polytechnique Fédérale. Avec comme conséquence très concrète que près des deux tiers de son budget sont désormais assurés par la Confédération.


1991: pour stimuler le transfert de technologie et des créations d’entreprise, un parc scientifique est fondé sur le site de l’EPFL. Il accueille des dizaines de sociétés dans les trois bâtiments construits à cet effet.


2000: Patrick Aebischer est nommé Président de l’EPFL, puis reconduit plusieurs fois à ce poste par le Conseil fédéral. Sous son impulsion, le développement de l’EPFL et son rayonnement international se sont intensifiés ces dernières années. Notons par exemple la création d’un centre de neuroprothèses, ou l’ouverture à Ras Al Khaimah aux Emirat Arabes Unis du campus EPFL Middle East.

 

 

L'Innovation Park de l'EPFL avec son infrastructure nec plus ultra héberge une centaine de start-up qui ont créé environ 700 emplois hautement qualifiés.

 

 

2002: création de la faculté des sciences de la vie. Cette faculté transdisciplinaire a permis quelques années plus tard à l’EPFL de jouer un rôle pilote dans le projet international Human Brain Project.


2012: nouveau centre pour l’industrialisation de la technologie, en partenariat avec le CSEM, à Neuchâtel. Ce centre est actif depuis 2013.


2013: le pilotage du Human Brain Project est confié à l’EPFL. C’est un des deux projets phares de la recherche européenne. Prévu pour s’étendre de 2013 à 2023, il a pour but de comprendre le fonctionnement du cerveau humain en le modélisant entièrement. Il s’agit d’un projet multidisciplinaire, qui fait autant appel à des compétences pointues en informatique qu’à la médecine.

 

 

Pour en savoir plus...
 

Projet de recherche sur le cerveau: bluebrain.epfl.ch

 

Centre spécialisé dans les micro- et les nanotechnologies:

microcity.epfl.ch

 

Commission pour la technologie et l’innovation:

kti.admin.ch.ch

 

Incubateur spécialisé dans les TIC: technoark.ch

 

 

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