Opinion

Apprendre de la génération Youtube

Stefan Nünlist, 28 janvier 2016

Mais que fait un chef de la communication? Dans le cas de Swisscom, une grande partie de sa tâche consiste à deviner ce que le futur va nous apporter: qu’est-ce qui restera pareil et qu’est-ce que nous devrons changer pour avoir du succès à l’avenir également?  


Cette tâche n’est pas toujours des plus faciles. Comment peut-on expliquer aux politiciens par exemple que les comportements face aux médias sont en train de changer? Que la génération montante ne lit plus les journaux ou ne regarde plus la télévision, mais qu’elle compose ses contenus elle-même à partir de plateformes en ligne? Et que je ne chercherai plus mon prochain appartement dans «La Région» ou dans la «Feuille d’Avis», mais que les offres de Google m’arriveront directement sur la base de mon profil d’utilisateur défini par un algorithme? Comment est-ce que je convaincs le monde politique que le marché des télécommunication suisse fonctionne, que notre infrastructure est une histoire à succès et que davantage d’interventionnisme régulateur risque de menacer notre position de pointe? Comment puis-je informer les plus de 18'000 collaboratrices et collaborateurs de Swisscom des changements qui arrivent au quotidien, les motiver chaque jour pour notre entreprise et à en être les ambassadeurs?

Nous devons combiner l’expérience des anciens avec la créativité des jeunes.

S’agit-il d’une tâche sans espoir? Non, pas du tout! Je puise mon inspiration dans le dialogue avec les jeunes. La manière de penser de la génération Y, sa façon façon d’aborder les problèmes et de les résoudre ne cessent de m’étonner. Que ce soit avec mon fils de 23 ans, avec l’une ou l’un des 900 apprenants en formation chez Swisscom ou avec mes jeunes collègues: ils sont une source intarissable d’inspiration.  

J’ai récemment vécu un de ces moments d’étonnement lors de mon passage à Lenzerheide. En tant que membre du jury du Digezz Award, j’ai participé à l’évaluation des dix meilleures réalisations des étudiantes et étudiants en productions multimédias des Hautes Ecoles Spécialisées en ingénierie et en économie de Coire et de Berne.

 

De la musique à partir d’objets du quotidien? C’est une œuvre composée par Vanessa Peter:

 

 

 

 

Sylvain Botter est un as de la technique cinématographique de l’hyperlapse et présente un clip vidéo de la ville de Lausanne très original: 

 

 

 


Un autre exemple est le spectacle ImaginaSon, fruit d’une collaboration entre la Cinémathèque suisse et les hautes écoles romandes de musique et d’arts visuels de Lausanne et de Genève.

Il est temps que nous tirions les leçons de la génération Google, Facebook, Youtube et Cie.

Tout cela est impressionnant, non? Il est temps que nous tirions les leçons de la génération Google, Facebook, Youtube et Cie. Car ce sont ces nouvelles plateformes bien plus que la communication d’autres grandes entreprises comme Migros ou UBS qui doivent nous servir d’exemples. Surtout, ces nouveaux médias nous montrent comment il est possible de présenter plus simplement les évènements marquants de notre entreprise et de capter davantage l’attention.

En bref, nous devons combiner l’expérience des anciens avec la créativité des jeunes. Alors, si vous me demandez ce que fait le chef de la communication chez Swisscom, je vous réponds tout simplement: il apprend pour l’avenir!

 

 

 

 

Stefan Nünlist

Responsable de la Communication d’entreprise de Swisscom, il se penche dans ses opinions sur le quotidien d’un top manager.