Opinion

A comme Abréagir

Jeroen van Rooijen, 15 février 2016

L’univers numérique a réhabilité les formes de punitions moyenâgeuses telles que le pilori ou le poteau de la honte. Par la fonction de commentaire, n’importe qui peut aujourd’hui de manière anonyme ou avec une identité déclarée lancer une campagne de dénigrement contre quelqu’un ou quelque chose. La plupart du temps, il n’en résulte aucune conséquence judiciaire, car des hordes de complices – appelés «trolls» – s'organisent aussitôt.

La négativité est proscrite de mon réseau.

Les «shitstorms» provoqués par de tels collectifs peuvent avoir des conséquences douloureuses pour leurs cibles humaines ou institutionnelles. Cela est justifié lorsqu’ils mettent le doigt sur des injustices, mais absolument destructif et déplacé lorsqu’il s’agit seulement de manifester une colère individuelle ou une divergence d’opinion.

 

C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de serrer les dents et de retirer mes doigts du clavier quand je sens le moindre frémissement de frustration monter en moi. La négativité est proscrite de mon réseau. En particulier pour ce qui touche aux médias sociaux, ma devise est de ne pas attaquer ce qui m’énerve ou me paraît idiot, mais de tout simplement l’évacuer d’un clic de souris. Les récidivistes sont automatiquement bannis de ma liste d’amis et de ma «timeline».

 

Ainsi mon univers numérique est devenu plus attrayant et plus agréable à vivre. Le monde réel est déjà assez dur comme ça.

 

 

 

 

Question de style

Jeroen van Rooijen, chroniqueur et auteur spécialisé en matière de style, aime s’habiller chic, ne téléphone pas volontiers, adore les selfies et travaille régulièrement pour la «Neue Zürcher Zeitung».

Suivez l'auteur sur Twitter
(en allemand)