Opinion

Happy Snapping

Kathrin Buholzer, 13 mai 2016

Plus d’un milliard de personnes utilisent Facebook. Elles postent des réflexions, des vidéos félines ou des photos de leur vie plus ou moins intéressantes. On y trouve ses stars préférées, parfois une tante perdue de vue ou même son chef. Et il y a aussi des animaux qui ont leur compte. Par contre, les jeunes sont en train de déserter Facebook, pour eux, cette plateforme est totalement OUT.  

Chez les jeunes, l’app dont tout le monde parle, c’est celle avec le fantôme blanc sur fond jaune.   

Vous vous êtes certainement aussi déjà demandés: pourquoi est-ce que les jeunes n’arrêtent pas de se prendre en photo, de photographier leurs repas ou leur gobelet Starbucks avant de consulter quelques minutes plus tard leur smartphone en pouffant de rire? Et bien, je vous le dis en mille: ils postent des photos dans leurs «stories» sur Snapchat.

 

 

Les filtres de Snapchat individualisent les selfies en un tournemain.

 

 

Chez les jeunes, l’app dont tout le monde parle, c’est celle avec le fantôme blanc sur fond jaune. Une fois qu’on s’est enregistré, on peut envoyer gratuitement à ses ami-e-s des photos de sa vie de tous les jours. Ces images ne sont visibles que pendant quelques secondes et une fois qu’on les a visionnées, elles disparaissent. Inutile donc pour les parents de demander: «Montre voir, qu’est-ce que c’était?»

Je ne connais aucun parent dans mon entourage ayant un compte Snapchat.

J’ai déjà essayé plusieurs fois de comprendre ce qui provoquait cette fascination pour Snapchat, mais peu après m’être enregistrée, j’ai chaque fois abandonné la partie. Tout me paraissait trop compliqué et confus et en plus, je ne connais aucun parent dans mon entourage ayant un compte Snapchat. Avec qui est-ce que tu voudrais partager tes histoires, puisqu’il n’y a personne que tu connais qui en fait partie?

Evidemment.

 


 

 

En somme, c’est peut-être préférable ainsi. Les ados ont déjà suffisamment de peine à se différencier de leurs parents. Car presque tout ce qu’ils connaissent et tout ce qu’ils font, nous le connaissons et le faisons aussi. Partout où ils évoluent dans le monde numérique, nous y sommes aussi. Et c’est vraiment assez nul. Nous autres parents devrions laisser une plateforme à notre progéniture et éviter de nous y manifester par nos «likes» et autres activités sociales. Quand nous étions ados, nous ne voulions pas non plus aller en boîte avec nos parents.

C’est encore plus amusant d’ouvrir la bouche et de voir comment son visage prend les traits d’un affreux zombie ou comment on se met tout à coup à vomir un arc-en-ciel.  

J’ai malgré tout un compte Snapchat, que j’utilise d’ailleurs si peu que j’en oublie constamment le mot de passe. Je parle régulièrement avec notre fille de 14 ans des photos qu’on peut faire transiter par cette plateforme et je sais que dans son réseau, il n’y a que des personnes qu’elle connaît personnellement. C’est aussi elle qui nous a expliqué à mon mari, à un ami de la famille et à moi-même comment tout cela fonctionne.

 

Ou bien disons plutôt qu’elle a essayé. Nous avons tous écouté attentivement jusqu’à ce qu’elle nous montre les amusants filtres. Regarder brièvement l’œil de la caméra, puis glisser le doigt sur l’écran pour compléter le portrait avec un chapeau excentrique, une moustache de policier, des oreilles de chien ou des lunettes particulièrement hideuses.

 

C’est encore plus amusant d’ouvrir la bouche et de voir comment son visage prend les traits d’un affreux zombie ou comment on se met tout à coup à vomir un arc-en-ciel.

Et là, il n’y a tout à coup que les adultes qui trouvent ça marrant.

 

Kathrin Buholzer

La journaliste et animatrice du site Internet elternplanet.ch est mère de deux enfants et observe pour Chroniques les contraintes auxquelles nous sommes quotidiennement soumis dans notre rapport aux nouveaux médias et aux possibilités du monde numérique.

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