Opinion: Kathrin Buholzer

Souvernirs de jeunesse affreusement beaux

Kathrin Buholzer, 15 juin 2016

C’est vrai, autrefois on pouvait encore faire des connaissances dans le train, par exemple quand quelqu’un nous demandait son chemin et qu’on entamait ainsi une conversation sympathique. A l’époque, il fallait aussi faire rendez-vous à un moment précis et s’y rendre ponctuellement.

On ne pouvait pas encore surfer sur l’imprécision: «Bon, on verra, on s’écrit, d’accord? Je ne sais pas encore, peut-être. Je t’enverrai un petit mot, on peut toujours se décider spontanément.»

Vous vous souvenez de ces énormes morceaux de papier que nous mettions aux murs de notre chambre d’ado dans les années 80 et 90?

Eh oui, c’était ainsi, autrefois. On n’était pas encore pendu à son smartphone à poster des banalités sur Facebook. On ne pouvait pas non plus stalker ses stars via Twitter, mais il fallait leur envoyer une lettre pour leur demander une carte autographe. Et au lieu d’Instagram, on avait des posters!

 

Vous vous souvenez de ces énormes morceaux de papier que nous mettions aux murs de notre chambre d’ado dans les années 80 et 90 et dont nous étions terriblement fiers? Tout le monde avait une telle œuvre d’art à la maison et la plupart d’entre nous même plusieurs.


Puis nous avons grandi et les posters ont peu à peu disparu. La mode avait passé. Cependant, comme on le sait, internet garde tout en mémoire. Et tous nos péchés de jeunesse, toutes les horribles coiffures et tous les funestes habits des années 80 et 90 sont visibles quelque part sur le net. Toutes les excentricités vestimentaires et tous les gadgets dont nous étions tellement fiers en tant qu’ado se cachent quelque part dans la grande toile du monde virtuel.

Mon engouement pour les posters était quelque chose de très singulier.
C’est ainsi que je suis tombée il y a quelque temps sur ces posters si (affreusement) beaux. Leurs sujets? Des licornes aux teintes pastel, des couchers de soleil kitsch, des planches à voile aux couleurs fluo, des voitures de sport, des couples s’embrassant devant des chutes d’eau et des chevaux dans toutes les variations.

 

Toutes ces images étaient naturellement traitées dans le style «paintbrush» si tendance à ce moment-là. Oui, je l’avoue, mon engouement pour les posters était quelque chose de très singulier. Raison pour laquelle je l’ai sans doute refoulé jusqu’à ce que je tombe par hasard, il y a quelque temps, sur mon poster préféré de l’époque.

 

 

Le mec et l’enfant

 

Sincèrement, quelle adolescente n’a pas rêvé de lui? Un mec costaud avec un délicat bébé dans ses bras. Un homme fort avec un côté tendre, qui s’occupe affectueusement de son enfant. Oh, mais qu’est-ce qu’il est chou! Ce mec est resté au mur de ma chambre pendant des années et je l’avais aussi en carte postale. Puis, je l’ai même fait imprimer sur un t-shirt…

 

 

Image: Pinterest.com

 

 

Songe d’une fraise rose


Qui a eu comme moi le privilège de vivre sa jeunesse dans les sulfureuses années 80 et 90 sait que les couleurs fluo étaient le sommet du style. Des manchettes aux chauffe-poignets en passant par les lacets de souliers et les combinaisons de ski, tout était fluo, et bien sûr aussi les posters. On adorait les explosions de couleurs, comme par exemple celles de cette fraise qui était suspendue dans ma chambre.

 

 

Image: vongestern.com

 

 

Le hamburger déjanté

 

A cette époque, le fastfood était encore cool, sur les posters aussi. C’est pourquoi, il était directement affiché à côté de ma chaîne stéréo surdimensionnée avec son tourne-disque.

 


Encore un poster dont j’avais complètement refoulé l’existence. Image: vongestern.com

 

 

Homme avec une affreuse veste en jeans se collant à une femme à moitié nue à la coiffure ébouriffée

 

Je me rappelle vaguement avoir aussi convoité cette œuvre du siècle.

 

 

Image: vongestern.com

 

 

Finalement, je crois avoir renoncé à l’achat de cette bombe romantique à cause des éternelles discussions que j’avais avec ma mère au sujet du poster de Madonna «True Blue»: «Mais c’est une horreur! C’est trop sexy, et puis tu as vu ce cou bizarre, et pourquoi est-ce qu’elle porte sa veste ainsi?»

Parcourez les deux galeries suivantes datant des années 1994 et 1987.

 

Dans ces collections de chefs-d’œuvre, vous retrouverez certainement aussi vos favoris d’autrefois. Et surtout, je vous recommande chaudement de les montrer à vos enfants…

 

Kathrin Buholzer

La journaliste et animatrice du site Internet elternplanet.ch est mère de deux enfants et observe pour Chroniques les contraintes auxquelles nous sommes quotidiennement soumis dans notre rapport aux nouveaux médias et aux possibilités du monde numérique.

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