Opinion: Michael In Albon

Bonne nuit – sans smartphone

Selon l’expert Michael In Albon, pour protéger le sommeil des jeunes, il est indispensable de leur fixer des règles claires en matière d’utilisation de smartphones et d’autres médias dotés d’écrans.

Michael In Albon (texte), 21 novembre 2017

Nous y voilà! A cause de nos stupides téléphones portables, nous sommes suspendus à nos «likes» ou au nombre de petites flammes. Nous ne nous parlons plus. Et s’il nous arrive encore de dormir, c’est parce que notre smartphone aussi a besoin d’être rechargé de temps à autre. Mais très sincèrement, de quoi voudrait-on encore accuser les médias numériques?


Une étude américaine récemment publiée a révélé qu’en 2015, 40% des teenagers dormaient moins de sept heures par nuit. Et selon l’étude suisse JAMESfocus sur l’utilisation des médias et la qualité du sommeil, qui date également de 2015, dans notre pays les jeunes de 12 à 19 ans dorment entre 7 heures et demie et 8 heures. La durée du sommeil des Romands et des Tessinois étant plutôt de 8 heures, et celle des Suisses alémaniques plutôt de 7 heures et demie.

 

Certains des jeunes interrogés dans le cadre de cette étude ont toutefois avoué qu’ils se sentent souvent fatigués durant leur journée à l’école. Les causes de cette fatigue sont diverses. Il est notoire que l’âge joue un rôle essentiel. Par ailleurs, si un jeune a des problèmes de sommeil pour d’autres raisons, ceux-ci peuvent être accentués par une consommation incontrôlée des médias numériques. Certains événements de la vie quotidienne sont aussi susceptibles d’impacter fortement la qualité du sommeil et sa durée: la sévérité d’un professeur, une dispute avec les parents ou un chagrin d’amour.

 

 

Il est indéniable que les écrans ont une influence négative sur le sommeil. La lumière bleue qu’ils émettent provoque des difficultés d’endormissement. Particulièrement chez les jeunes qui sont encore en plein chat alors qu’ils sont déjà couchés, et qui ne veulent pas être celui ou celle qui met fin à la discussion en ligne. Ou chez ceux qui ont posté une super photo sur Instagram et guettent les «likes». Bien sûr, de telles pratiques ont un effet néfaste sur le sommeil.


Mais on peut se poser la question suivante: POURQUOI nos adolescents ont toujours les yeux rivés sur leur smartphone le soir, quand ils sont au lit? Eh bien, parce que leurs parents ne leur interdisent pas, parce que de toute évidence aucune règle d’utilisation n’a été fixée. Parce que les parents croient fermement que le portable de leur enfant attend gentiment le lendemain matin l’heure de sonner le réveil. Ajoutons à cela qu’à ces âges, les parents sont toujours des modèles pour leurs enfants. Ce que papa et maman font, ils le font aussi. Il est alors trop simpliste de rendre les médias numériques responsables lorsque les enfants n’arrivent à s’extraire de leur lit qu’après en avoir été priés maintes fois.


En d’autres termes, on ne devrait pas introduire le loup dans la bergerie. Si l’on permet aux enfants un accès illimité à leur smartphone, il est difficile pour eux de s’imposer des limites. C'est aux parents de fixer des règles.

 

 


Conseils aux parents

 

  • Réglementer l’utilisation du smartphone avant le coucher. Pour que les jeunes dorment suffisamment et soient reposés au réveil, il est nécessaire de surveiller l’utilisation qu’ils font des médias numériques dans la soirée. S’abstenir de regarder un écran une heure avant d’aller se coucher est bénéfique. On évite ainsi que la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, ne soit retardée sous l’effet de la lumière bleue émise par les écrans.
  • Désactiver le WLAN: éteindre son smartphone ou le régler sur le mode avion (hors WLAN) pendant la nuit pour ne pas être dérangé dans son sommeil.
  • Bannir les appareils électroniques de la chambre à coucher: la présence d’un téléviseur, d’un ordinateur ou d’une console de jeux dans la chambre d’un teenager favorise une utilisation incontrôlée de ces appareils. Avec pour éventuelles conséquences, un raccourcissement de la durée du sommeil et une diminution des performances de l’enfant.
  • Opter pour un réveil: pour sonner l’heure du lever le matin, utiliser un simple réveil au lieu d’un smartphone. Ce dernier n’aura vraiment plus aucune raison de passer la nuit près du lit.
  • Agir en cas de difficultés de concentration: il y a des élèves qui ne réussissent pas à se concentrer durant les cours ou qui somnolent. Dans ce cas, le thème de la consommation des médias doit être abordé, particulièrement en ce qui concerne leur utilisation le soir. Mais il ne faut pas négliger d’autres causes possibles des troubles du sommeil, notamment le mobbing.

 

 

Expert en compétences médias

 

Michael In Albon est responsable du projet «Internet à l’école» et délégué à la protection de la jeunesse face aux médias. Il est aussi responsable des cours sur les médias auxquels participent chaque année 25'000 personnes. Pour en savoir plus, consultez les pages de Swisscom consacrées aux compétences médias.

 

 

Etude

 

Vous trouverez de plus amples informations sur la relation entre l'utilisation des médias et la qualité du sommeil dans l'étude JAMESfocus

 

 

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