Opinion

Mes sept bonnes résolutions pour 2016

Reda El Arbi, 14 janvier 2016

Chaque année on prend de bonnes résolutions, qui devraient permettre d’avoir une vie meilleure. La plupart du temps, d’ailleurs, ce sont des résolutions dont on sait au fond qu’on ne les respectera pas. Etant donné que je passe une grande partie de mon temps de travail dans les médias sociaux, je me suis aussi fixé des résolutions ayant directement trait à ce domaine.

 

 

1. Ne pas s’énerver


Il m’arrive souvent de voir le post de l’ami d’une connaissance, dont le contenu critique ou euphorique m’agace prodigieusement. Tant et si bien que je passe des heures à mener des discussions en ligne. En 2016, je ne gaspillerai plus mon temps à me disputer avec des gens que je ne connais même pas, que je ne peux pas convaincre et qui n’ont absolument rien à voir avec ma vie. Juré!

 

 

2. Ne pas propager d’inepties


Il arrive fréquemment que je tombe sur un lien ou sur une déclaration qui me plaisent et que j’ai tout de suite envie de partager de manière enthousiaste avec mon réseau. Naturellement, sans avoir préalablement vérifié ni la source ni la véracité du contenu. C’est ainsi que je tombe dans le piège et propage des inepties provenant de pages douteuse et que je dois m’en excuser par la suite. Je ne diffuserai plus d’informations non vérifiées. Juré!

 


3. Virer les pseudo-amis


En tant que représentant du sexe masculin, je suis particulièrement enclin à laisser entrer des gens dans mon réseau qui n’ont rien à y faire. Souvent le simple profil d’une jeune femme séduisante prénommée «Vanessa» ou «Chrystal» suffit pour que je clique aveuglément sur «Accepter la demande d’amitié». Ensuite, je reçois sous la forme de spam des invitations «super VIP» à des parties, auquel je ne participerais même pas si on me payait pour m’y rendre. A l’avenir, je résisterai à la tentation. Juré!

 


4. Faire le ménage


De manière analogue aux jeunes femmes mentionnées au point 3, ma liste d’amis regorge aussi de dingues et d’oiseaux rares, dont le facteur d’agacement est nettement plus élevé que leur taux de divertissement. Ce sont des gens qui m’avertissent des dangers des chemtrails, qui estiment que les vaccins sont une conspiration de la fondation Bill Gates, qui me proposent des guérisons astrales à distance quand je me lamente d’un refroidissement et qui se plaignent sur Facebook de l’engouement de Facebook pour la collecte des données. Je vais passer ma liste d’amis au crible fin et en rayer tous ceux qui vivent dans une réalité parallèle. Juré!

 

 

5. Cultiver la pertinence


Bien sûr que je poste des photos de ma tasse de café et du lombric qu’un chauffard vient d’écraser devant chez moi. Et tous les jours, je publie quatre posts sur mon état du moment tels que «je m’ennuie», «je m’ennuie encore», «je suis totalement stressé» ou «je m’ennuie de nouveau». A l’avenir, je réfléchirai si au moins deux de mes amis peuvent trouver un quelconque intérêt à ce que j’ai envie de publier. Juré!

 


6. Plus que des «J’aime» sincères


Je ne cliquerai plus «J’aime» si c’est ne pas vraiment le cas. Idem avec les photos des enfants de gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam et dont la progéniture m’intéresse encore moins que les ingrédients d’une boîte de raviolis. Fini aussi de «liker» par compassion des posts totalement banals d’auteurs que j’aime pourtant bien. Et enfin, terminé les «J’aime» de politesse pour des publication stupides, juste parce que leur auteur m’a gratifié de son approbation en d’autres occasions. Je n’userai du bouton «J’aime» plus que lorsque ma reconnaissance sera sincère. Juré!

 


7. Fini les shows

 

Je renoncerai à me prendre quarante fois le portrait pour créer la photo de mon profil et à passer ensuite deux heures à la retoucher avec Photoshop jusqu’à ce que je ressemble à une vedette de ciné. Je n’arrête pas de prêcher l’authenticité, alors il n’y a aucun inconvénient à ce que je paraisse un peu défraîchi sur mon portrait. D’autant plus que cette version correspond bien plus à la réalité que mes créations de dandy toutes lisses. Et ainsi, les gens ne seront pas trop surpris quand ils me rencontreront dans la vraie vie. Fini les shows! Juré!

 

 

Objets trouvés sur le net

Dans son bureau virtuel des objets trouvés, l'auteur et blogueur Reda El Arbi nous présente des perles qu'il déniche chaque jour dans les médias sociaux.

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