Opinion: Sylvie Castagné

Mon MacGyver de poche

Sylvie Castagné (texte), 27 juin 2016

Je rêve d’un mariage entre le smartphone et le couteau suisse. D’ailleurs MacGyver a toujours son couteau suisse sur lui.

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, MacGyver est le héros d’une série américaine qui a duré sept saisons, de 1985 à 1992. Un hybride de chef scout et d’agent secret qui est sans arrêt fait prisonnier par les auteurs de sombres complots, mais qui finit ainsi toujours par regagner sa liberté en usant de dispositifs conçus en un rien de temps par son intelligence pragmatique.

Et bien mon iPhone, c’est mon MacGyver de poche. Celui qui a toujours une solution toute simple pour me sortir d’une situation difficile.

Je l’ai béni quand le chauffeur d’Uber est venu me chercher à deux heures du matin, à la fin de la fête, pour me déposer devant ma porte, sans que j’aie à sortir mon porte-monnaie. (Heureusement, car étant une fervente adepte du paiement par carte bancaire, je n’ai jamais de liquide sur moi.)

Comme le jour où je suis arrivée en courant à la gare. Mon train allait partir. MacGyver est intervenu. Grâce à lui, et sans interrompre ma course, je me suis trouvée en possession de mon titre de transport alors que j’atteignais le marchepied.

Et lors de ma randonnée à vélo dans le Seetal. Subjuguée par la beauté du panorama sur le lac de Hallwil, avec le mont Pilate en arrière-plan, je m’étais un peu égarée sur un chemin de traverse. Mais MacGyver était là! Il m’a indiqué sans hésitation quelle direction prendre pour retrouver l’itinéraire balisé.

Je me souviens de cette nuit d’été sans lune. Du chemin creux envahi par l’obscurité en haut duquel se trouvait la maison de vacances.

Je me souviens de cette nuit d’été sans lune. Du chemin creux envahi par l’obscurité en haut duquel se trouvait la maison de vacances. Il fallait se lancer dans le noir en évitant d’embrasser le talus. C’est à ce moment-là que MacGyver a dégainé sa lampe de poche.

Que dire du jour où le lave-vaisselle est tombé en panne? «Clic», une photo, et les références gravées sur la porte étaient pour ainsi dire déjà chez le réparateur. Pas besoin d’égrener la longue série de chiffres et de lettres par téléphone.

Heureusement, je ne me suis jamais trouvée dans une situation si critique qu’il ait fallu appeler les secours. Mais là aussi, je suis sûre que mon MacGyver viendrait à mon aide. Sauf, bien sûr, si je suis en train de me noyer. Nager, il n’a pas encore appris. Bien que cela ne saurait tarder…

 
Sylvie Castagné

est mère d’une adolescente qui, comme nombre de ses pairs, lâche difficilement son smartphone. La jeune fille trouve toutefois que sa mère passe un peu trop de temps sur Facebook et sur Twitter.

La rédactrice free-lance basée à Zurich prend plaisir à explorer l'univers numérique et à analyser l’impact des réseaux sociaux sur nos vies.