Minipeople de Christophe Bertschy

Maxi-succès sur Facebook

Dessinateur du diablotin Nelson dans Le Matin, Christophe Bertschy a gagné une immense popularité sur les réseaux sociaux avec ses Minipeople, ces petits personnages qui brocardent l’actualité.

Claire Martin (texte), Mark Henley (photos), 13 juillet 2016

Une page Facebook «Minipeople» qui réunit plus de 55’000 fans, soit presque autant que celle du magazine L’Illustré. Des gags partagés plus de 100’000 fois et un million de pages vues par mois. Autant de chiffres qui attestent du succès du dessinateur Christophe Bertschy, dont les mini héros sont en outre en train de franchir la Sarine.

 

 

Christophe Bertschy est devenu une célébrité romande gâce à ses caricatures.

Photo: Mark Henley  

 

 

Minipeople polyglottes

 

Paru en juin, un ouvrage sur les joueurs de tennis suisses a été traduit en allemand, ainsi qu’en anglais, avec le soutien de la fédération Swiss Tennis. Le créateur de ces petits personnages est en passe de devenir lui-même un «people» très sollicité par les médias. Le Lausannois suit Federer et Wawrinka de compétition en compétition, afin de chroniquer en direct leurs exploits par gags interposés.

 

 

 

 

1/5 C'est entre autres grâce aux personnages de Federer et de Wawrinka que les Minipeople sont devenus célèbres.

2/5 Les Suisses et le foot...

3/5 Le dessinateur Christophe Bertschy est aussi un connaisseur du monde du hockey.

4/5 Christophe Bertschy au travail. (Photo: Mark Henley)

5/5 Regard critique du dessinateur sur son œuvre. (Photo: Mark Henley)

1/5 C'est entre autres grâce aux personnages de Federer et de Wawrinka que les Minipeople sont devenus célèbres.

 

 

 

De l'internet à la librairie

 

Encore récemment connu surtout comme l’auteur du diablotin orange Nelson, le strip quotidien publié par Le Matin, le quadragénaire voit maintenant ses Minipeople battre tous les records de popularité. Un paradoxe car ces personnages ne paraissent dans aucune revue. Ils ne vivent que sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Fait nouveau, ce sont ces même héros nés sur la Toile qui génèrent l’édition de nouveaux ouvrages de BD vendus en librairie. Les albums des Minipeople sont tirés de 6000 à 10’000 exemplaires. La publicité et la diffusion des ouvrages bénéficient de l’effet de levier d’une communauté virtuelle de dizaines de milliers de fans.

 

 

Christophe Bertschy travaille avec un ordinateur installé sur la table de sa salle à manger.

Photo: Mark Henley

 


Mini-people, maxi-succès


Leur histoire débute en 2011, lorsque Christophe Bertschy dessine dans TéléTop Matin des strips brocardant les stars de la RTS comme le présentateur du téléjournal Darius Rochebin. Ces dessins intègrent l’actualité sportive notamment avec la figure de Roger Federer. Or c’est le challenger Stan Wawrinka qui va faire connaître la série.

«Il y a deux ans, Stan Wawrinka était encore numéro 20 mondial. Je le présentais comme le Vaudois qui perd les matches en marmonnant, face au fantastique Bâlois Federer.»

Christophe Bertschy, dessinateur

Bien que la caricature ne l’avantage pas vraiment, Wawrinka apprécie les gags et les partage sur Facebook et Twitter. Un geste qui dope la renommée de la BD. Et lorsque Wawrinka dans son fameux short à carreaux remporte Roland Garros en 2015, sa victoire propulse les Minipeople au rang de figures culte. Dans ses strips, Christophe Bertschy réagit à tous les aspects de la vie publique helvétique, mais c’est le sport qui s’avère le plus fédérateur.

 

 

BD à l’ère numérique


Le dessinateur travaille un logiciel destiné à l’origine aux graphistes. Très éloigné de l’école franco-belge, le dessin électronique que pratique Christophe Bertschy se rapproche du style des Simpsons ou de South Park. Côté influence, Christophe Bertschy revendique les auteurs anglo-saxons. «J’aime bien Calvin et Hobbes, Peanuts avec Snoopy ou encore les gags de Gary Larson.

«Je crée les strips sur ordinateur à partir des copiés-collés. Cette technique me permet de travailler vite et de fournir une dizaine de gags sur Twitter durant un match de football, par exemple.»

 

Christophe Bertschy chez lui à Lausanne. Photo: Mark Henley

 

 

Avec une quinzaine d’années de BD derrière lui, Christophe Bertschy affiche quelque 4000 gags au compteur. Son revenu alimentaire est assuré par les aventures de Nelson publiées par Le Matin et le magazine Spirou, dont le tome 16 est paru chez Dupuis. La saison 5 des Minipeople est annoncée pour cet automne (éditions Kick & Rusch). Dans la ligne de l’ouvrage consacré au tennis, un ouvrage complet sur le hockey est en projet pour 2017.

 

 

L’ère des Facebook Stars


Par son rapport privilégié aux réseaux sociaux, Christophe Bertschy est emblématique des artistes d’aujourd’hui qui se font connaître en premier lieu par ce biais. L’humoriste Thomas Wiesel (26 ans) affiche une page Facebook qui réunit plus de 30000 fans: «C’était différent pour ceux qui nous ont précédés. Prenez par exemple Joseph Gorgoni, le comédien qui incarne Marie-Thérèse Porchet, il n’a pas de page Facebook bien qu’il soit très connu.»


Très populaire auprès d’un public jeune, l’émission de la télévision romande (RTS) de Vincent Kucholl et Vincent Veillon
«26 minutes» réalise le score phénoménal de 965’000 vues par mois pour ses différentes séquences. Ce trafic est alimenté pour 68% par leur page Facebook.

 


Christophe Bertschy

Sa carrière de bédéaste débute lorsqu’il quitte son poste de graphiste chez une multinationale pour rejoindre, en 1999, la bande de Zep qui anime le magazine «Tchô». En 2001, il invente le diablotin orange Nelson. Puis viennent dix ans plus tard les Minipeople, dont la galerie comprend non seulement les vedettes du tennis suisse, mais aussi des célébrités comme Alain Morisod, Bastian Baker et Christian Constantin, le promoteur immobilier valaisan à la tête du FC Sion an.

 

 

 

 

 

 

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