Base de données et GPS

Les données du FC Bâle

L’analyse des données joue un rôle croissant dans le sport d’élite. Robin Huser, un jeune espoir du FC Bâle, montre comment son équipe exploite les technologies numériques pendant l’entraînement.

Tanja Kammermann (texte), Daniel Brühlmann (photos), 1er mars 2017

L’organisation de la relève du FC Bâle est la plus moderne de Suisse. Elle mise sur la technologie et l’analyse de données. Robin Huser, un jeune espoir du club, en bénéficie aussi. Après une rupture du ligament croisé, il a dû suivre pendant plusieurs mois des séances de rééducation programmées en fonction d’informations sur ses performances très détaillées.

 

 

Analyse du test de performance

 
Dans la salle de musculation de la relève du football bâlois, il y a une odeur d’ado dans l’air: un mélange entre un parfum de sueur fraîche et des relents de vieilles chaussettes. Cela n’est guère étonnant vu que la salle fourmille de l’activité de jeunes footballeurs entre 17 et 21 ans, qui sont en train de passer divers tests avec des physiothérapeutes et des diagnosticiens de performance. Les jeunes athlètes appartiennent à l’équipe U21 du FC Bâle (FCB). Ces tests, qui ont lieu deux à trois fois par année, comprennent un monitorage physiothérapeutique, des exercices de stabilité, des mesures de force et un test d’endurance «yoyo». Ce dernier, comme nous le verrons tout à l’heure, n’est pas aussi facile que son nom le laisse présumer.

 

 

Sabrina Zingg, responsable du diagnostic de performance, observe Robin Huser pendant son entraînement.  

 

 

Robin Huser n’est pas seulement un bon joueur de milieu de terrain, dans l’équipe, il assume volontiers le rôle de meneur d’hommes. Il est donc tout à fait logique que l’entraîneur demande au jeune homme d’accompagner trois de ses camarades dans leurs exercices d’échauffement. «Allez les gars, cinq minutes de vélo et puis une session de flexions abdominales.» Quand je lui demande où résident ses points forts, il me répond: «J’aime bien prendre la responsabilité du jeu.» Je le crois volontiers.  

 

 

1/8 Robin Huser fait des exercices sur le plateau de mesure de la force pendant que Thomas Bernhard, responsable du centre d’athlétisme et de musculation, visionne à l’écran les valeurs mesurées.

2/8 Plier la jambe au maximum: l’angle a-t-il changé depuis le dernier test? Pour le savoir, il suffit de consulter la base de données.

3/8 Robin Huser (à droite) et ses cammarades de l’équipe des jeunes espoirs du FC Bâle effectuent deux ou trois fois par année le test de mesure des performances.

4/8 Les joueurs sont-ils en forme? Les moniteurs examinent Robin Huser.

5/8 Pour mesurer les mouvements des joueurs, le terrain en gazon synthétique a été équipé d’un système GPS.

6/8 Le test «yoyo»: ce qui au départ semble assez facile, ...

7/8 … se révèle être un entraînement impitoyable ...

8/8 ... au cours duquel les sportifs doivent courir jusqu'au bout de leurs forces.

1/8 Robin Huser fait des exercices sur le plateau de mesure de la force pendant que Thomas Bernhard, responsable du centre d’athlétisme et de musculation, visionne à l’écran les valeurs mesurées.

 

Il y a quelques jours, le moniteur a approuvé sa réincorporation à l’équipe. Cette après-midi, il doit prouver qu’il est vraiment prêt. «J’ai rarement vu un joueur comme Robin. Pendant la rééducation, il n’est jamais arrivé une minute en retard, il n’a jamais manqué un mètre de la distance qu’il devait parcourir. Il est très ambitieux et très indépendant», explique Thomas Bernhard, responsable du centre d’athlétisme et de musculation des jeunes espoirs du foot bâlois.

Les résultats des performances des jeunes footballeurs sont centralisés dans une base de données et peuvent être consultés depuis n'importe où.

Les résultats des performances réalisées par Robin au cours de l’après-midi entrent dans une base de données. Cette même base centralise toutes les données des jeunes footballeurs afin que les entraîneurs, les physiothérapeutes, les médecins et les joueurs eux-mêmes puissent les consulter où qu’ils se trouvent. Le FCB a développé cette solution en coopération avec Swisscom.

Pour suivre les mouvements des joueurs, le terrain en gazon synthétique a été équipé d’un système GPS.

Les mesures réalisées dans la salle de musculation high-tech sont complétées par un terrain en gazon synthétique truffé de capteurs et doté d’un système GPS local permettant de suivre les mouvements des joueurs. A l’avenir, il est prévu qu’il serve à l’analyse des parties. Pour l’heure, il livre des informations sur la rapidité et l’endurance des joueurs.

 

 

Une carrière avec des hauts et des bas

 
A quatre pattes sur le sol, Robin effectue ses exercices de stabilité en tendant le bras gauche et la jambe gauche. Il donne l’impression d’être en grande forme. Il y a quelques semaines, il souffrait encore des séquelles de sa déchirure du ligament croisé du genou gauche survenue lors d’un entraînement en mars 2016. Après son opération, il a dû suivre pendant neuf mois une thérapie de rééducation. Le pire pour lui a été de se sentir exclu de l’équipe. «L’aspect positif a été le fait que j’aie passé plus de temps que d’habitude avec mon amie et mes amis», déclare le jeune Robin Huser.

 

 

Thomas Bernhard consulte les données mesurées.    

 

Pourtant l’année 2016 avait très bien commencé pour Robin. Il avait même pu jouer quelques parties avec la première équipe du FC Bâle. «En ce qui concerne son endurance et sa rapidité, Robin avait atteint un niveau très prometteur avant sa blessure. Le but est qu’il recouvre tout son potentiel», explique Thomas Bernhard.
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«Merci Robin, tout est normal», constate Sabrina Zingg, responsable du service de diagnostic des performances, après avoir observé le jeune footballeur pendant ses exercices de stabilisation. Elle inscrit des chiffres dans une tabelle. «Grâce à la récolte des données, nous allégeons grandement le travail des moniteurs. Autrefois, toute la communication se déroulait via des mails et des entretiens, aujourd’hui, nous centralisons les informations dans une base de données», explique Thomas Bernhard. C’est sur la base de l’analyse de ces données qu’il a préparé les plans d’entraînement de Robin pendant sa phase de rééducation.

 

 

Les analyses permettent de mieux évaluer la situation

 

Robin doit évaluer après chaque entraînement son «load», c’est à dire le degré d’intensité des exercices qu’il vient d’effectuer. «C’est une bonne chose si l’entraîneur tient compte de mon feedback», s’exclame Robin Huser. «Cette évaluation de l’effort est très importante pour nous, car elle conditionne notre planification des séances d’entraînement», poursuit Thomas Bernhard. Sabrina Zingg analyse les données des joueurs et Thomas Bernhard celles des entraîneurs. Ces données sont ensuite comparées, ce qui permet d’obtenir une évaluation objective de l’effort. Ces différentes analyses font l’objet d’une discussion hebdomadaire.

«Grâce à ces données, on voit noir sur blanc que les conditions pour la réincorporation du joueur dans l’équipe sont réunies et que les risques résiduels d’une nouvelle blessure sont minimes.»

Thomas Bernhard, responsable du centre d’athlétisme et de musculation

Au FC Bâle, on ne prend pas la saisie des données à la légère comme en témoigne une liste de pénalités affichée dans les vestiaires. Celui qui oublie d’entrer son «load» doit accomplir un entraînement sans ballon – ce qui constitue la pire punition pour un footballeur – ou verser de l’argent dans la cagnotte de l’équipe. L’objectif est d’éviter à tout prix des surcharges ou des blessures chez les joueurs.

 

 

Le plateau connecté mesure la force déployée lors du saut sur place.    

 

 

L’antépénultième étape du parcours est le plateau de mesure de la force: Robin doit effectuer sur place le saut le plus haut possible. Au cours de cet exercice, Robin ressent une légère douleur dans le genou. Les capteurs constatent une différence de force de 10 pour cent entre les deux jambes. «C’est normal», estime Thomas Bernhard. Il est satisfait des résultats des tests de Robin. «Grâce à ces données, on voit noir sur blanc que les conditions pour la réincorporation du joueur dans l’équipe sont réunies et que les risques résiduels d’une nouvelle blessure sont minimes.»

Pour Robin est arrivée l’heure du test «yoyo». Il doit courir des longueurs jusqu’à ce qu’il s’effondre littéralement d’épuisement. Une fois terminé, il veut immédiatement connaître les données introduites dans le système par son moniteur. Grâce à elles, il pourra comparer sa performance avec celle de ses idoles dans le monde entier. Cela compte beaucoup pour lui. Et il n’a rien à craindre de ces comparaisons, car son résultat, ici aussi, est excellent et il peut immédiatement réintégrer son équipe.

 

Une app primée

Avec son app de gestion des performances, le FC Bâle a remporté le premier prix en 2016 dans la catégorie Enterprise du Swiss App Award. Interview avec Massimo Ceccaroni, responsable technique auprès des jeunes espoirs du FC Bâle.  

 

 

 

 

 

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