Start-up technologiques

Où sont les femmes?

L’immense majorité des entreprises à succès, comme Apple, Facebook ou Google, sont presque exclusivement dirigées par des hommes. Le nombre de start-up fondées ou dirigées par des femmes est lui très faible. Pourquoi?

Lauranne Peman (texte), 24 février 2016

Cette constatation soulève bon nombre de questions. Est-ce que les femmes sont moins attirées par ces postes ou est-ce que les entreprises sont moins empreintes à engager une candidate plutôt qu’un candidat? Est-ce également le cas en Suisse romande? Et comment expliquer ce phénomène alors que les femmes représentent plus de la moitié des diplômés des universités en Suisse ainsi qu’aux Etats-Unis?


Il faut prendre le problème à la base. Peu de femmes sont présentes dans l’industrie technologique, ce sont presque exclusivement des hommes qui ont créé les entreprises leaders dans le domaine. Cette sous-représentation de base présente un terrain fertile à la reproduction de comportements sexistes, explique Caroline Simard, directrice de recherche au Clayman Institute for Gender Research de l’Université de Stanford.

 


«work hard, play hard»


C’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue: la culture d’entreprise, particulièrement dans les start-up, des «boys clubs» dont le mot d’ordre est «work hard, play hard» rend particulièrement difficile l’embauche de femmes. Les hommes aux commandes cherchent à recruter dans leurs réseaux personnels, à forte composante masculine.

 

Les hommes aux commandes cherchent à recruter dans leurs réseaux personnels, à forte composante masculine.


Pour autant, cet environnement hostile aux femmes ne semble pas être le fruit d’une volonté active. Pour comprendre cela, il faut se pencher sur les prémisses de la création d’une start-up: quelques étudiants en informatique décident de créer une société et sont à la recherche d’un espace de travail. Au vu des loyers élevés, ils décident de commencer à travailler en home office. Ainsi, pour des raisons de facilité, ils emménagent tous dans le même appartement. Ils codent et vivent dans le même espace. Quand vient le moment d’agrandir l’équipe, ces jeunes entrepreneurs se tournent vers leur réseau personnel.

 

 

Les femmes sont particulièrement sous-représentées dans les facultés d’informatique et de sciences de la communication.

 

 

Problème de la masse critique


Bien entendu, des femmes ingénieures sont bel et bien formées dans les universités et hautes écoles. Mais visiblement pas assez pour représenter une masse critique qui permettrait d’établir de nouveaux réseaux. La racine du problème se trouverait donc au niveau du choix de filière à l’université. Cette hypothèse est tout à fait plausible au vu de la proportion d’étudiantes dans les facultés d’informatique et de sciences de la communication. A l’EPFL par exemple, cette faculté est celle qui présente le plus faible de taux d’étudiantes parmi les six facultés que compte l’établissement; seuls 15% des étudiants sont des étudiantes.

 

La racine du problème se trouverait donc au niveau du choix de filière à l’université.

 


Encourager les vocations féminines


Que faire alors pour améliorer la représentation des femmes dans les milieux high-tech? Une première solution consiste à davantage encourager les jeunes femmes à choisir les filières des sciences de l’informatique. Une revalorisation de la branche apparaît comme nécessaire et pourquoi pas un encouragement de la part des parents au moment où les étudiantes doivent choisir leur voix. Ensuite, une politique de quotas dans les directions des entreprises technologiques semble tout indiquée. Cette mesure temporaire permettrait de transformer les structures en place et d’imposer de nouveaux réseaux, plus équilibrés du point du vue du genre.


Quelles qu’en soient les raisons, les dirigeants ne devraient pas négliger l’impact de la présence des femmes au sein de la direction qui, selon une étude publiée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) l’année dernière, améliore sensiblement la performance de l’entreprise.

 

Partenariat Swisscom-EPFL

Swisscom et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont signé en décembre de l’an dernier un partenariat stratégique. En unissant leurs forces, le leader suisse des télécommunications et la prestigieuse institution académique ont pour ambition de créer un centre de compétences fort en Suisse romande.


Lisez l’article de Chroniques: Où les start-up prennent leur élan

 

 

 
Digital Days for Girls

Swisscom organise des cours d'initiation aux technologies numériques spécialement destinés aux jeunes femmes.

 

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