Série: Qui l'a inventé?

Le cuivre dopé

Qui a dit que la fibre optique reléguait le câble en cuivre au rang de ferraille? Pas du tout! Grâce à des technologies de diffusion novatrices, Swisscom met tout en œuvre pour rendre le câble de cuivre plus rapide que jamais.

Sarah Hefti (texte), Hans Meyer (photo), 4 avril 2016

Au cours des années 1990, internet entre peu à peu dans nos foyers. Mais pour se connecter au réseau, on doit encore s’armer de patience, car la liaison transite par les câbles de cuivre installés depuis des décennies entre les abonnés et les centraux téléphoniques. Cette infrastructure qui avait été mise en place pour la téléphonie ne permet pas de dépasser le débit de 56 Kbit/s. Autrement dit, autant oublier le téléchargement ou le streaming.

 


Des tronçons cuivre de plus en plus courts


Le volume de données sur le réseau fixe double tous les 16 mois. Le cuivre certes a ses avantages, mais sa faible capacité pour la transmission de données devient rapidement un handicap majeur. Que faire alors? Swisscom décide de diminuer la longueur des tronçons de câbles en cuivre en les substituant par des liaisons en fibre optique nettement plus performantes.

«On obtient sur le cuivre une bande passante pouvant même atteindre 500 Mbit/s.»

A partir de 2006, la fibre arrive jusqu’aux armoires de distribution dans les quartiers. Ainsi, les données ne parcourent plus qu’au maximum 750 mètre sur un câble en cuivre avant d’atteindre leur destinataire. Deux ans plus tard, les appartements et les locaux des clients sont déjà directement reliés à la fibre optique. Ces travaux sont cependant très onéreux et demandent du temps. A partir de 2013, la fibre optique transite par des conduites passant aux abords immédiats des édifices, la longueur du trajet dépendant d’un câble en cuivre n’excède alors plus les 200 mètres.

 

 

Le cuivre le plus rapide du monde

 

Tout en continuant d’étendre son réseau de fibre optique, Swisscom améliore la transmission des signaux électriques sur les câbles de cuivre par une procédure appelée «vectoring». Cette technique permet d’éliminer la diaphonie des signaux et d’accélérer la transmission via le câble classique. Au moyen de la technologie «G.fast», on obtient sur le cuivre une bande passante pouvant même atteindre 500 Mbit/s. Du cuivre dopé pour ainsi dire!

 

 

Swisscom fait preuve d'inventivité

 

Cette combinaison unique de technologies garantit à la Suisse l’une des infrastructures de télécommunication les meilleures au monde. Et ce n’est pas fini: d’ici à fin 2020, 85 pour cent des ménages auront accès à un raccordement fixe offrant au moins 100 Mbit/s. Le streaming a de beaux jours devant lui.