BestMile crée la mobilité de demain

Le cloud aux commandes

Tout le monde ou presque a déjà entendu parler du Google Car. Mais qui aurait cru que dès l'an prochain, des bus autonomes de CarPostal Suisse gérés par le logiciel de BestMile, sillonneront les ruelles de la vieille ville de Sion?

Laurent Seematter (texte), 18 décembre 2015

En écoutant Raphaël Gindrat, CEO de BestMile, la mobilité de l’avenir sera automatisée ou ne sera pas. Alors que Google et les géants de l’automobiles redoublent d’efforts pour concevoir le parfait «robot» de la mobilité, c'est-à-dire un véhicule sans conducteur, personne ne s'est intéressé jusqu'ici à la gestion de ces futures flottes de véhicules autonomes.

 

 

Raphaël Gindrat, co-fondateur et CEO de BestMile, a suivi une formation d'ingénieur civil à l'EPFL.

 

«Aussi sophistiquée que soit la technologie de l'autopilote, un groupe de véhicules autonomes est incroyablement stupide», explique Raphaël Gindrat. Pour visualiser son affirmation, il prend l'exemple d'un essaim de véhicules autonomes type Google Car qui empruntent la même sortie d'autoroute et cherchent à entrer simultanément dans un centre urbain. Résultat: s'ils ne communiquent pas entre eux, ils risquent de tous suivre le même itinéraire et de créer un énorme embouteillage.

 


Le maillon manquant est la tour de contrôle


«L'intelligence, insiste-t-il, est dans la vision d'ensemble du système formé par le véhicule, ses passagers et le territoire où il évolue. Le logiciel de BestMile fait office de tour de contrôle pour le trafic routier.» Ainsi donc, connectés au cerveau de BestMile, les véhicules automatiques reçoivent les consignes nécessaires pour optimiser leur itinéraire en fonction du trafic et pour trouver rapidement une place de parc. Les services proposés par la start-up de l'EPFL représentent le maillon manquant de la mobilité du futur.

 

«L'intelligence est dans la vision d'ensemble du système formé par le véhicule, ses passagers et le territoire où il évolue.»

 

La technologie de BestMile permet de piloter via le cloud une flotte de véhicules autonomes.

 

 

«Développer un tel système informatique est un travail de longue haleine», relève le jeune manager, «car il faut réussir à programmer un système non seulement capable de communiquer avec diverses marques de véhicules, mais aussi avec différentes plateformes de services de mobilité.» La start-up vaudoise est en train de préparer le terrain et noue des contacts aussi bien avec des constructeurs de véhicules qu'avec des prestataires de mobilité, tels que CarPostal Suisse par exemple.

 
 
CarPostal fait œuvre de pionnier

 

Sion, décembre 2015. Deux véhicules électriques autonomes du constructeur français Navya, offrant une capacité de quinze passagers chacun, entrent en phase d'essai dans un périmètre privé. CarPostal Suisse, qui est l’opérateur de transports publics de la ville de Sion, explore la mobilité urbaine de demain en collaboration avec le Mobility Lab Sion-Valais, un centre de recherche de l'EPFL. Dès le printemps 2016, les navettes automatiques desserviront les ruelles piétonnes du centre historique. Bien entendu, c'est le logiciel de BestMile qui gèrera ces véhicules: «Nous avons prévu une exploitation dynamique des navettes, qui pourront circuler selon un horaire fixe aux heures de pointe et à la demande grâce à une app mobile aux heures creuses», poursuit Gindrat.

 


Le projet pilote de navettes autonomes de CarPostal à Sion est une première suisse.

 

 

Dans le monde des transports publics, l'automatisation du pilotage et la gestion intelligente des flottes ouvrent des perspectives entièrement nouvelles. Bientôt terminée l'ère des bus circulant à vide? Fini d'attendre au froid, grelottant, à l'affût de la prochaine navette? Avec l'arrivée du service à la demande, les transports publics ressembleront de plus en plus aux taxis et à Uber. «CarPostal, en tant que prestataire de solutions de mobilité globales, veut comprendre si et comment ces véhicules intelligents peuvent apporter de nouvelles solutions de mobilité dans des endroits encore inaccessibles aux transports publics», précise La Poste Suisse.

 

Accepterons-nous de confier notre sécurité à des pilotes automatiques reliés au cloud?

 

En route vers une mobilité partagée


Et si les transports publics du futur évoluent vers une individualisation du service, à quoi bon posséder encore un véhicule privé? De toute façon, vu leur coût élevé, même de petits véhicules autonomes comme le Google Car appartiendront à des flottes d'opérateurs de «car sharing» comme Uber, Mobility ou d'autres sociétés. La gestion intelligente de ces flottes de véhicules représente à la fois un défi technologique et un marché alléchant pour une entreprise comme BestMile.

En tant que futurs passagers de ces nouveaux véhicules, accepterons-nous de confier notre sécurité à des pilotes automatiques reliés au cloud et commandés par des algorithmes? Si le progrès technique permet de faire diminuer les accidents et de dissoudre comme par enchantement les bouchons, il y a fort à parier que la mobilité de demain se passera des chauffeurs d'aujourd'hui.

BestMile en bref
 

Depuis février 2014, la jeune équipe autour du CEO Raphaël Gindrat a développé une plateforme de gestion de flotte de véhicules autonomes unique en son genre. Basée à l'Innovation Park de l'EPFL, BestMile a participé en 2015 avec succès au projet pilote européen CityMobil2. BestMile vient de signer un partenariat de deux ans avec CarPostal qui se lance dans une première suisse: le pilotage de navettes autonomes à Sion.

BestMile a réussi à se positionner parmi les dix finalistes du Swisscom StartUp Challenge 2015. Cette initiative de Swisscom soutient le développement international de jeunes entreprises helvétiques avec un grand potentiel.

 

Site web de BestMile: bestmile.com

 

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