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Gros plan sur la paroi stomacale

Des vidéos de l’intérieur du corps, un SMS d’urgence envoyé directement depuis la cage thoracique et une lentille de contact qui mesure la pression intraoculaire: la microélectronique moderne révolutionne la médecine. Laissez-vous surprendre en découvrant sept produits déjà utilisés.

Jörg Rothweiler (texte), zVg (photos), 22 avril 2016

Petits objets, grands effets. Les avancées en microélectronique, en nanotechnologies et en technologies des couches minces permettent de fabriquer des appareils électroniques sans fil qui collectent des données directement sur ou dans le corps humain et les envoient par radio. Ainsi, de tout petits objets font naître des possibilités colossales pour la médecine.

 

 

Une caméra à avaler

 

Given Imaging fabrique des pilules fonctionnelles. Elles mesurent 32 x 11 millimètres et sont équipées d’une caméra, d’un éclairage et d’une unité radio. Le patient avale la pilule qui permet d’établir un diagnostic vidéo de la cavité buccale à l’ouverture anale, diagnostic essentiel pour le cancer colorectal, la maladie de Crohn, les anémies ou les polypes. Des pilules similaires avec un capteur de température contrôlent la température corporelle en cas d’activités dans des conditions extrêmes et déclenchent une alarme lorsqu’elle devient critique.

 


La mesure du pH dans l’œsophage

 

 

L’électrode à pH Bravo® est également un produit de Given Imaging. Elle est fixée à la paroi de l’œsophage avec un endoscope et mesure ensuite l’acidité en continu. Elle envoie les données à un enregistreur. Au bout de 48 à 96 heures, la capsule tombe et est évacuée de manière naturelle.

 


Lentilles avec capteurs de pression

 

Le Triggerfish® de l’entreprise suisse Sensimed facilite le diagnostic du glaucome, cette maladie qui est la deuxième cause de cécité dans le monde. Les capteurs extrêmement fins, placés sur une lentille souple, mesurent pendant 24 heures les changements dimensionnels de l’œil. Une antenne adhésive fixée autour de l’œil reçoit les données sans fil émises et les transmet à un enregistreur.

 


Un comprimé avec émetteur

 

 

Le capteur Proteus de Barton Health est aussi petit qu’un grain de sable. Il arrive dans l’estomac en étant fixé sur un comprimé. De là, Proteus envoie l’heure, la fréquence de pulsation ainsi que d’autres données à un pansement capteur qui transmet les valeurs mesurées en flux continu sur Internet par le biais d’un appareil mobile. Le médecin peut ainsi s’assurer que le patient prend régulièrement ses médicaments, ce qui est notamment vital chez les patients atteints d’une maladie cardiaque. Le mini-capteur n’a en outre pas besoin de batterie: il utilise l’acide gastrique pour se recharger.

 


Le contrôle glycémique 2.0

 

Avec le système de contrôle glycémique FreeStyle Libre d’Abbott, c’en est fini des piqûres du doigt. Un capteur, plus petit qu’une pièce de deux francs, est fixé sur le haut du bras pendant deux semaines au maximum. Le taux de glucose est mesuré par un scan rapide et s’affiche instantanément, accompagné des données des huit dernières heures et d’un aperçu allant jusqu’à 90 jours.

 


SMS du cœur

 

Stimulateurs cardiaques, défibrillateurs, ECG: les appareils implantables de Medtronic utilisent la technique radio pour une sécurité maximale. Si le cœur d’un patient faiblit ou que d’autres valeurs (p. ex. présence accrue de liquide dans les poumons) deviennent critiques, l’appareil envoie un SMS au médecin. Ce dernier peut ainsi intervenir avant que le cas se transforme en urgence. Grâce à sa propre carte SIM, l’appareil fonctionne partout dans le monde – à condition qu’il y ait une connexion mobile bien entendu.

 


Un pansement antidouleur

 

On sait depuis les années 1970 que la douleur peut être soulagée par l’électrostimulation (TENS, neurostimulation électrique transcutanée). L’entreprise CUR rend désormais cette technique accessible. Il suffit de coller un appareil de la taille d’un iPod nano sur la zone douloureuse. Des biocapteurs s’assurent ensuite que l’amplitude, la largeur d’impulsion et la fréquence de l’électrostimulation soient automatiquement ajustées.

Pour les cyberchondriaques

Quand on interroge Google sur ses maladies, on trouve toutes sortes de conseils plus ou moins recommandables. Lisez à ce sujet l'opinion de Kathrin Buholzer.  

 

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Seriez-vous disposé à porter, à avaler ou à vous faire implanter un détecteur à des fins médicales?

 

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