Histoire du smartphone

Le mobile fête ses 90 et non pas ses 20 ans

Il y a vingt ans, le Nokia 9000 Communicator fêtait sa première en grandes pompes. Même si on le considère souvent comme le premier smartphone du monde, l’histoire exaltante de la téléphonie mobile – et donc des smartphones – a commencé bien plus tôt. En 1926 déjà.

Jörg Rothweiler (texte), 27 septembre 2016

Lancer un coup de fil, consulter ses e-mails, chatter, photographier et naviguer sur internet: on ne pourrait plus s’imaginer sa vie sans le smartphone. Il se vend chaque année plus de 1,4 milliards de téléphones mobiles dans le monde, dont trois millions à eux seuls sont écoulés en Suisse.

 

Cette histoire à succès n’a commencé ni avec l’iPhone ni avec le Nokia 9000 Communicator cité plus haut. Ces appareils ne représentent que quelques prestigieux jalons dans une longue histoire qui débute peu après la première guerre mondiale.

 

 

Le Nokia 9000 Communicator pouvait déjà envoyer des fax.

 

 

Téléphoner dans le train – en 1926 déjà


En 1918 déjà, alors que les émetteurs à tubes de Meissner avaient à peine cinq ans, la société des chemins de fer allemands «Deutsch Reichsbahn» a mis à l’essai à Berlin les premiers radiotéléphones. En 1926, on disposait pour la première fois d’un service de téléphonie mobile en première classe sur la ligne Hambourg-Berlin. Et aux Etats-Unis, la société AT&T a mis en service à partir de 1927 des connexions téléphoniques transatlantiques par ondes radio.

En 1946, un camionneur américain a passé le premier appel téléphonique sur un «véritable» réseau mobile.

Après la deuxième guerre mondiale, AT&T a établi le premier «véritable» réseau de communication mobile, avant même que le téléphone mobile au sens où nous l’entendons aujourd’hui n’ait vu le jour. C’est un camionneur qui a passé le premier appel sur ce réseau le 17 juin 1946 depuis un radiotéléphone installé de manière fixe dans son camion.

 

 

Martin Cooper, fier développeur du Motorola DynaTAC 8000X, le premier téléphone mobile vendu dans le commerce. Photo: Rico Shen / Wikimedia

 

 

En 1974, Theodore George Paraskevakos a déposé un brevet pour un «appareil capable de générer et de transmettre des données numériques». Une année auparavant déjà, Motorola avait présenté le premier prototype d’un téléphone mobile. Enfin, le 21 septembre 1983, la sortie du Motorola DynaTAC 8000X (surnommé l’«os») développé par l’ingénieur Martin Cooper marqua le début de la téléphonie mobile commerciale.

 

 

Connexion internet, fonction calendrier, écran tactile: le Ericsson R380 était déjà un vrai smartphone.

 

 

L’esprit d’avant-garde d’IBM


Au cours des décennies suivantes, la technologie des réseaux et des appareils mobiles a été constamment améliorée. En 1994, IBM lance le Simon Personal Computer. Il s’agit du premier téléphone mobile intégrant un assistant personnel électronique (PDA) avec écran tactile. Cet appareil n’avait toutefois pas encore accès à internet et n’était donc pas encore un smartphone au sens où on l’entend aujourd’hui. Le Nokia 9000 Communicator, qui arrive sur le marché en 1996, n’a pas accès non plus à internet malgré sa connexion fax, son calendrier électronique, son carnet d’adresses numérique, sa calculatrice et sa capacité à afficher des pages en HTML.

Le Nokia Communicator ne disposait ni d’un appareil photo ni des apps, et avec le premier BlackBerry, on ne pouvait pas téléphoner.

Le Communicator par exemple ne disposait pas d’un appareil photo et on ne pouvait pas y ajouter des apps. Même le BlackBerry commercialisé en 1999 ne correspondait pas encore totalement à un smartphone. Certes, il fonctionnait comme bureau mobile, mais ne permettait pas de téléphoner. Il a fallu attendre la dixième génération de BlackBerry, à partir de 2003, pour que la téléphonie soit intégrée au dispositif.

 

A l’orée du nouveau millénaire, Ericsson fait sensation sur le marché avec son modèle R380, que les Suédois avaient surnommé «smartphone», un terme qui a perduré jusqu’à aujourd’hui. Le concept de cet appareil était astucieux: première mondiale du logiciel Symbian, écran tactile, navigateur internet, calendrier et bien plus encore. Mais comparé aux dispositifs actuels, ce premier essai de «smartphone» avait encore bien des faiblesses comme les autres appareils de sa génération: ergonomie moyenne, écran médiocre et poids de plomb.

 

 

Apple et Google


C’est pourquoi en 2007 l’iPhone d’Apple a fait un tollé. Avec son système de commande intuitif, c’était le premier véritable dispositif multimédia intelligent. Une année plus tard, Google répétait l’effet de sensation avec le HTC Dream, le premier téléphone mobile doté du système d’exploitation Android.

Symbian a disparu de la circulation et Microsoft n’a jamais réussi à s’imposer. Il ne restait plus qu’iOS d’Apple et Android de Google.

A l’ombre de ces appareils, Symbian a complètement disparu du paysage et le système d’exploitation mobile de Microsoft n’a jamais vraiment réussi à s’imposer. De plus, au cours de la dernière décennie, des acteurs du marché aussi puissants et innovants qu’IBM, BlackBerry, Motorola ou (Sony) Ericsson ont été relégués au rôle de figurants ou même avalés. Les leaders actuels s’appellent Samsung, Apple et Huawei. Ils modèlent le futur du smartphone, mais sans plus provoquer de véritables révolutions.

 

Les apps deviennent de plus en plus nombreuses, les processeurs plus rapides, les caméras meilleures et les écrans de plus en plus brillants. Mais aucun fabricant n’a encore réussi à proposer une solution plus pratique que le clavier QWERTZ vieux de 150 ans et une batterie, dont l’autonomie excède une journée. A cet égard, les domaines pour de futures révolutions sont loin d’être épuisés.

 

 

 

Et d'où vient le mot «Natel» ?

 

Natel est une abréviation signifiant «Nationales Autotelefon». Ce mot, qui est en Suisse synonyme de téléphone mobile, est le nom sous lequel Swisscom commercialise ses prestations de téléphonie mobile. Depuis 1999, Natel écrit en majuscules est une marque déposée.

 

 

Actuel chez Swisscom

L’histoire à succès du smartphone dure depuis 90 ans déjà. Et elle n’est pas finie. Pour connaître les derniers développements de cette histoire, rendez-vous chez Swisscom.

 

 

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