Les jeux de RV aujourd’hui et demain

Aventures virtuelles à fleur de peau

Nous agitons des torches, montons sur des planches et ressentons le vent, la pluie et la chaleur: en visitant des centres de RV, les joueurs plongent dans des mondes imaginaires. Aujourd’hui, en s’armant de patience, on peut même vivre la réalité virtuelle chez soi.

Christoph Widmer (texte), Raphael Zubler (photos, vidéos), 29 septembre 2017

A la quête du légendaire crâne de cristal, nous avançons à pas hésitants dans les ruines d’un temple où la végétation de la jungle a repris ses droits. Lorsque nous entrons dans la pièce suivante, nous sommes traversés par un frisson: aux parois sont suspendus des squelettes qui ont été transpercés par des lances. Peut s’en faut pour que nous tombions dans le piège: nous évitons d’un cheveu les balles qui volent au-dessus de notre tête et vont s’écraser sur la falaise. Nous poursuivons notre chemin jusqu’à la sortie du temple. Un orage éclate dans la nuit et la pluie tropicale se met à tomber à verse. C’est légèrement mouillé que nous montons dans un ascenseur primitif en bois qui nous transporte en grinçant dans les profondeurs d’une grotte de cristal. Il semblerait qu’on approche du crâne de cristal…

 

Non, nous ne nous trouvons naturellement pas dans les ruines d’un véritable temple et ne participons pas non plus au tournage d’une nouvelle version d’Indiana Jones. Cette aventure, nous la vivons grâce à la réalité virtuelle, abrégée RV. En fait, équipés de lunettes de RV, de capteurs de mouvements pour les mains et les pieds ainsi que d’un ordinateur logé dans un sac à dos, nous errons dans les sous-sols du VR-Center de Zurich. L’utilisation d’eau, d’objets divers et de ventilateurs rend l’expérience de RV plus réaliste qu’à la maison: «Nous aimerions que les gens puissent s’immerger totalement dans un nouveau monde», explique Philip Lacoste, CEO du VR-Center. «Nous voulons procurer à nos visiteurs une expérience de RV collective où tous les mouvements du corps sont intégrés au jeu et où il est possible de toucher des objets.»

 

 

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Au VR-Center Zurich, nous sommes partis à la quêtes du crâne de cristal.

 

 

C’est la tendance actuelle dans l’univers des jeux virtuels: «Je pense que de tels espaces de jeu vont démocratiser la RV», relève Emilie Joly, CEO du studio genevois de développement de RV apelab. «A l’avenir, les gens participeront ensemble à des jeux de RV dans une salle.» C’est déjà le cas en Asie. A Tokyo, dans la VR-Zone Shinjuku les adeptes de la RV jouent au Mario Kart dans des cockpits mobiles, tandis qu’à Pékin, Soreal a inauguré le premier parc d’attraction de RV.

 

 

"Raw Data" est considéré comme un blockbuster des jeux de RV.

 

 

Zombies au salon


A la maison aussi, on peut se plonger dans des mondes virtuels. Après les premières lunettes rudimentaires dans lesquelles on pouvait insérer son smartphone, ce sont depuis environ une année des modèles plus sophistiqués comme le HTC Vive, l’Oculus Rift ou le Sony VR qui transportent les joueurs dans de nouvelles dimensions. En fonction du jeu, on est assis devant son ordinateur ou sa console ou bien on se déplace dans la pièce. Les mouvements dans l’espace sont détectés grâce à des capteurs: les joueurs peuvent ainsi faire des sauts, esquiver des coups et en porter à leur adversaire. Quant à l’arme, elle est fixée à la ceinture, là où se trouverait l’étuis du pistolet.


Arijana Walcott, chargée par Swisscom de suivre les tendances dans la Silicon Valley nous décrit les jeux à la mode: «Le jeu de peinture Tilt Brush, développé en coopération avec Google est très apprécié en ce moment. Mais il y a aussi Raw Data, où en tant qu’agent dans un vaisseau spatial l’on doit se défendre contre des extra-terrestres. Entre-temps, il existe même un VR-Game inspiré par la fameuse série de dessins animés ‹Rick & Morty›.» Toujours selon elle, le plus populaire en ce moment est «Arizona Sunshine», un jeu dans lequel on doit se défendre contre des hordes de zombies au moyen de diverses armes. C’est une expérience effrayante comme nous l’explique l'experte: «Tu te retournes et tout à coup tu te retrouves nez à nez avec un mort vivant, c’est vraiment pas cool, c’est affreux! J’ai déjà vu des joueurs adultes qui ont crié comme des petites filles.»

 

 

1/9 Notre aventure commence au VR-Center de Zurich.

2/9 En plus de nos lunettes de RV et de l'ordinateur logé dans notre sac à dos, nous avons aussi utilisé une torche.

3/9 Pour rendre l'expérience du jeu aussi réaliste que possible, l'orage est simulé à l'aide d'un ventilateur et d'un système d'arrosage.

4/9 Le monde virtuel nous en a mis la plein la vue.

5/9 Il a aussi fallu positionner une planche au bon endroit et la traverser.

6/9 Voici l'objet de la quête du jeu: le crâne en cristal.

7/9 Avant de pouvoir enfin mettre la main sur la crâne, on doit résoudre un certain nombre d'énigmes.

8/9 Les visiteurs ont adoré leur aventure virtuelle.

9/9 Les collaborateurs du VR Center programment eux-mêmes les jeux et adaptent le hardware à leurs besoins.

1/9 Notre aventure commence au VR-Center de Zurich.

 

 

La RV en est encore à ses débuts


Pour la spécialiste Arijana Walcott, ces différents jeux sont très appréciés pour diverses raisons: «Tilt Brush» est très connu, «Raw Data» fascine par son graphisme exceptionnel et «Rick & Morty» réunit une grande communauté de fans. Quant à «Arizona Sunshine», il offre une longue expérience de jeu, ce qui est plutôt rare dans l’univers des jeux en RV. En effet, les coûts de développement sont extrêmement élevés et la plupart des jeux ne durent pas plus de vingt minutes.

 

C’est aussi la raison pour laquelle, il n’existe qu’un nombre restreint de titres de qualité: «Au début, de nombreux développeurs voulaient se lancer dans la RV», explique Emilie Joly, CEO d’apelab. «Cependant, tous les jeux ne conviennent pas forcément à la RV et un grand nombre d’entre eux ont été produits trop rapidement. Les possibilités de la RV n’ont ainsi pas pu être mises à profit. Ce n’est que depuis peu que nous assistons à l’émergence de jeux de qualité.» Cela explique aussi pourquoi la réalité virtuelle n’a pas encore vraiment conquis les salons.

 

Philip Lacoste est aussi de cet avis: «Nous aimons bien comparer les jeux de réalité virtuelle pour la maison avec le Nintendo Wii. Ce ne sont en général que des mini-jeux complémentaires.» A quoi, il faut ajouter les coûts élevés qui ne se résument pas à l’achat des lunettes. Pour jouer en mode RV chez soi, on a aussi besoin d’un ordinateur très puissant, ou comme c’est le cas avec la Sony VR, d’une Playstation 4.

 

 

Voler comme un oiseau grâce au simulateur "Birdly" de la société suisse Somniacs.

 

 

La RV made in Switzerland


En Suisse aussi la réalité virtuelle prend ses marques. «Dans notre pays, il n’y a pas beaucoup de studios de RV», relève Emilie Joly, «mais il est intéressant de noter que ceux qui existent bénéficient d’une réputation internationale et sont aussi présents aux grandes foires américaines.» Pour la spécialiste, ce succès est dû aux bonnes compétences en développement et en design dont nous disposons en Suisse. Son studio Apelab contribue d’ailleurs notablement à cette renommée: avec «Spatial Stories», l’entreprise genevoise a élaboré une espèce de kit de construction de RV. Il est ainsi possible de réaliser des expériences de RV de manière facile, rapide et avantageuse sans avoir besoin de connaissances de programmation approfondies. Apelab offre aussi ses services dans sa succursale de Los Angeles.


Somniacs, une spin-off de la Haute Ecole des Arts de Zurich, a développé «Birdly»: il s’agit d’un simulateur de vol d’oiseau que l’on utilise couché pendant qu’un ventilateur crée la sensation du vent sur le visage. Deux diplômés de l’EPFZ ont opté pour une tout autre approche avec leur technologie de reconnaissance des expressions du visage. Leur start-up Faceshift a connu un grand succès et en 2015, elle a été reprise par Apple. Cette technologie trouve aujourd’hui une application dans les Animojis, c’est-à-dire les émoticônes animées qu’Apple propose dans iOS 11.


La réalité virtuelle a le potentiel de remplacer la console classique. Arijana Walcott se risque à faire un pronostic: «Cela va prendre au minimum encore dix ans, mais je pense qu’à l’avenir nous utiliserons moins de hardware. Cela entraînera aussi la disparition de l’écran classique.» Emilie Joly considère la problématique du hardware comme un frein à la RV: «Nous avons besoin de casques plus légers et d’un système de pilotage plus performant», souligne-t-elle avant d’ajouter: «Et puis surtout, il faudrait davantage de ‹shared experiences›.» Un matériel plus léger et davantage de jeux de groupe, voilà les conditions nécessaires pour un futur glorieux de la RV. L’ouverture des premières salles de RV marque donc le premier jalon de cette évolution.

 

Testez le jeu de RV «Break a leg» au Shop de Zoug

Exercez vos talents de magicien dans la zone start-up du Swisscom Shop Zoug! Du 5.10 au 30.11, venez découvrir le jeu de réalité virtuelle développé par apelab. Plongez dans l’univers de l’illusion et du monde virtuel.  

 

Plus d’infos sur l’engagement start-up de Swisscom.

 

 

 

 

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