Robotique et informatique en médecine

Sa main bionique lui redonne confiance

Michel Fornasier est né sans main droite. Aujourd’hui, il porte une prothèse bionique commandée par une app lui permettant de réaliser divers mouvements. Grâce à ce bijou de la robotique, il a acquis une nouvelle confiance en soi.

Christoph Widmer (texte), Daniel Brühlmann (photos), Dominik Galliker (vidéos),
10 janvier 2017

«Lorsque j’ai vu pour la première fois à la télé cette main, je suis presque tombé de mon canapé! J’en voulais absolument aussi une.» Michel Fornasier rayonne de joie et d’enthousiasme quand il évoque sa prothèse. Enfin un modèle qui lui plaît et qui lui facilite la vie grâce à sa technologie astucieuse.

 

 

La main bionique de Michel Fornasier lui ouvre un champ d'action bien plus étendu que ses anciennes prothèses.

 

«Ma première prothèse était extrêmement lourde et sentait le plastique. Elle était plus souvent dans ma boîte à Lego que sur mon bras.»

Michel Fornasier, utilisateur d’une main bionique

Il faut dire que Michel Fornasier a dû attendre longtemps avant de pouvoir obtenir cette main bionique. Il est né en 1978 sans main droite. Sa première prothèse, il l’a déjà reçue au cours de son enfance. Elle avait une fonction purement esthétique: «Elle était extrêmement lourde et sentait le plastique. Elle était plus souvent dans ma boîte à Lego que sur mon bras», raconte-t-il en plaisantant. Avec sa deuxième prothèse, obtenue à l’âge adulte, il pouvait déjà se saisir d’objets. Elle lui rendait service pour piloter sa moto, mais dès qu’il arrivait à destination, il la rangeait immédiatement dans son sac à dos. Depuis qu'il a reçu sa main bionique, il se sent beaucoup plus autonome, comme il l'explique dans la vidéo.

 

 

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Programmation de la prothèse via app

 

En 2014, il en enfin été équipé de l’iLimb Ultra Revolution. Cette prothèse a été développée par l’entreprise écossaise Touch Bionics en collaboration avec Balgrist Tec à Zurich. Elle constitue une prouesse de la bionique: grâce à ses six moteurs intégrés – deux pour le pouce et un pour chaque doigt, elle permet d'accomplir différentes tâches.

 

 

1/4 La main bionique peut effectuer diverses tâches, par exemple se saisir d'une tasse.

2/4 Les électrodes détectent les impulsions musculaires venant du bras et les transforment en mouvements de la main

3/4 Il est possible de programmer 25 types de mouvements via une app.

4/4 L’accu de la main bionique doit de temps en temps être rechargé.

1/4 La main bionique peut effectuer diverses tâches, par exemple se saisir d'une tasse.

 

 

«Les faces antérieure et postérieure de la main sont équipées d’électrodes», explique Michel Fornasier. «Les électrodes enregistrent les impulsions musculaires que je donne à partir de mon bras et qui me permettent d’ouvrir ou de fermer ma main.» La prothèse est à même de détecter elle-même trois types d’impulsions de commande, mais d’autres mouvement sont aussi possibles. A l’aide d’une app de smartphone, Michel Fornasier peut choisir entre 25 types de mouvements et ainsi programmer sa main artificielle en fonction de ses besoins. En Suisse, dix personnes portent une telle prothèse. Son prix est d’environ 55’000 francs.

Sa prothèse se ferme sur notre main, la pression est ferme et naturelle.

Parmi les mouvements à choix, il y en a aussi un avec l’index tendu, qui est surtout très utile pour travailler sur l’ordinateur: «Ainsi, je peux écrire mes messages avec six doigts au lieu de cinq», poursuit Michel Fornasier. Il apprécie aussi la fonction «poignée de main». Il nous fait une petite démonstration: sa prothèse se ferme sur notre main, la pression est ferme et naturelle. Entre-temps, hat Michel Fornasier a adapté sa prothèse à ses besoins de tous les jours. Cela lui a demandé du temps. Dans la séquence vidéo ci-dessous, il nous parle de ses expériences.

 

 

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Un tournant dans sa vie

 

Michel Fornasier évoque sa vie sans main droite: «J’ai grandi dans un environnement très protecteur et n’ai subi aucunes vexations de la part de mes camarades.» Au cours de notre conversation, il relate qu’il a toujours eu une attitude très positive par rapport à la vie, même s’il s’est parfois demandé pourquoi ce destin lui avait été réservé. Il a toujours fait attention à ne pas attirer l’attention de son entourage et s’est efforcé de dissimuler son handicap. Sur les photos, son bras droit était souvent caché sous la table ou derrière un vase. «Mais cela était naturellement dû au pur hasard», déclare-t-il avec humour.

 

Puis à 34 ans, il en a eu assez de toute cette dissimulation. Il s’est décidé à assumer ouvertement son handicap et a publié sur Facebook des photos d’enfance, où on voyait distinctement son bras droit. Environ à la même époque, il a entendu parler du iLimb Ultra Revolution.

«Chaque être humain est parfait avec toutes ses imperfections.»

Michel Fornasier, porteur d’une main bionique

Lorsqu’il reçut sa main bionique, ce fut un tournant dans sa vie. La nouvelle main lui a permis de recouvrer confiance en soi, ce qui l’a aidé à pouvoir parler en public de son handicap. C’est ainsi qu’il est devenu «ambassadeur» pour la clinique universitaire Balgrist et qu’il s’engage durant son temps libre pour les enfants avec un handicap physique dans les pays en voie de développement. Dans la vidéo ci-dessous, Michel Fornasier explique les transformations qui ont marqué sa vie.

 

 

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Cybathlon: olympiades de la bionique

 

Michel Fornasier a aussi participé en tant que co-animateur au Cybathlon 2016, qui s’est déroulé au stade de hockey sur glace de Kloten. Les «pilotes» de 16 équipes, dotés de leur système d’assistance, se sont mesurés dans diverses disciplines: par exemple sur un parcours d’adresse avec prothèses de bras ou sur un parcours avec des chaises roulantes motorisées. Pour Robert Riener, professeur pour les systèmes sensori-moteur à l’EPFZ et initiateur du Cybathlon, la manifestation a remporté un énorme succès: «Tout le monde a été enthousiasmé par les équipes. C’était très émouvant.»

 

Au Cybathlon, la plupart du temps, c’était les systèmes d’assistance les plus simples qui étaient les plus efficaces. De l’avis du professeur Riener, la recherche a encore du pain sur la planche: «Surtout en Suisse où l’innovation en matière de robotique et de bionique est très importante», relève-t-il. «Les résultats du Cybathlon nous ont toutefois montré que la recherche n’en est qu’à ses débuts.»

 

Même la prothèse high-tech de Michel Fornasier est encore perfectible. Cela ne lui enlève pas pour autant ses mérites: «Sa technologie et ses fonctionnalités sont naturellement impressionnantes, mais la nouvelle confiance en moi qu’elle m’a apportée vaut bien plus que 55'000 francs.» Grâce à sa nouvelle prothèse, Michel Fornasier s’est rendu compte de quelque chose de fondamental: «Chaque être humain est parfait avec toutes ses imperfections.»

Cybathlon

En 2016 à Kloten s'est déroulé le premier Cybathlon, au cours duquel des personnes avec handicap se sont mesurées dans diverses disciplines assistées par des prothèses d'ultime génération.

 

 

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