Software Defined Networking

Software Defined Networking

L’incontournable Software Defined Networking


Après la virtualisation de la puissance de calcul et du stockage, voici la prochaine étape: facile à configurer, le Software Defined Networking augmente l’agilité des réseaux et les rend plus indépendants des matériels coûteux.


textes: Florian Waefler/Urs Binder,




Les réseaux d’aujourd’hui transmettent d’énormes volumes de données. Les entreprises subissent elles-aussi une véritable explosion du trafic de données. La croissance du débit impose de nouvelles exigences aux infrastructures de réseau, ce qui augmente les coûts et la complexité. Le remède: Software Defined Networking (SDN). Désormais, l’industrie des réseaux est elle-aussi saisie par la «fièvre de la virtualisation». Selon IDC, le marché SDN atteindra un volume mondial de huit milliards de dollars américains d’ici 2018. Mais qu’est-ce que le SDN, et à quoi sert-il?


L’aboutissement de la virtualisation

Le terme Software Defined Networking apparaît pour la première fois dans un article de Stanford publié en 2005 sur les systèmes d’exploitation de réseau. Les auteurs y décrivent la complexité du fonctionnement et de la gestion des réseaux. Contrairement aux systèmes d’exploitation modernes dont l’utilisation est facilitée par une couche d’abstraction, dans les réseaux, toute la gestion est effectuée au niveau de configuration le plus bas sur les différents composants. Alors pourquoi ne pas virtualiser également le réseau? Trois ans plus tard, les premières entreprises dont Google, Yahoo et Verizon créèrent la Open Networking Foundation dans le but de promouvoir l’adoption du SDN.


Le cloud nous force à revoir nos conceptions

Aujourd’hui, les services informatiques misent largement sur la flexibilisation et la virtualisation. En revanche, au niveau des réseaux de données, presque tout reste comme avant. Les réseaux existants impliquent des investissements considérables en matériels coûteux fournis par Cisco, Juniper & co. De plus, les fournisseurs de réseaux et les utilisateurs ont accumulé un savoir-faire spécifique – ils hésitent donc à jeter tout cela par-dessus bord et à créer des réseaux virtuels par voie logicielle.


Il est pourtant impossible d’échapper à la virtualisation de la totalité des aspects du réseau, notamment dans les grands environnements. Un coup d’œil sur le travail quotidien d’un administrateur de réseau rend les choses assez claires: dans les machines virtuelles (VM) d’un environnement cloud, des interfaces de réseau virtuel configurables (NIC) assurent la connexion au monde extérieur. Cependant, tous les aspects de réseau à l’extérieur des VM sont à la charge du fournisseur cloud. Dans une installation typique, un Virtual Local Area Network (VLAN) est attribué à chaque client cloud, et les NICs doivent y être intégrés. Pour l’administrateur, ceci représente un vrai cauchemar en matière de maintenance et d’évolutivité. Par exemple, à chaque fois qu’une nouvelle VM est intégrée, des opérations manuelles pénibles sont nécessaires.


Au plus tard dans les environnements cloud – offerts par des fournisseurs ou intégrés dans les centres de calcul des entreprises – les réseaux entretenus manuellement arrivent à leurs limites. Car le terme cloud est synonyme d’agilité: les clients souhaitent installer et mettre en service des machines virtuelles et les connexions de réseau correspondantes en quelques secondes via un tableau de bord (dashboard) de type self-service.


Découplé et agile

Avec l’approche SDN, on fait abstraction des niveaux fonctionnels inférieurs du réseau dans le matériel à l’aide de services virtuels. Via le tableau de bord, les clients accèdent à toutes les fonctions importantes, profitent d’une vue bout-à-bout complète sur tous les services de communication, peuvent surveiller le comportement du réseau en temps réel et obtiennent des rapports au sujet du respect des Service Level Agreements (SLA).


Les services peuvent être commandés ou résiliés en ligne, les vitesses de transmission peuvent être adaptées en quelques minutes et différentes fonctions, par exemple des firewalls, peuvent être installées en un tour de main – tout comme on en a l’habitude en gérant des ressources de calcul et de stockage dans le cloud. Auparavant, la mise en service d’un firewall pouvait durer jusqu’à six semaines. Grâce au SDN, elle s’effectue en un clic. En fonction du fournisseur, différents services, par exemple TV, PWLAN, mobile ou téléphonie, peuvent être intégrés et combinés, selon les préférences, en quelques minutes seulement.


Mais les utilisateurs ne sont pas les seuls à profiter du SDN. Les administrateurs peuvent également souffler: le nouveau paradigme du réseau commandé par logiciel offre de la sécurité et de la stabilité. Le travail quotidien est énormément simplifié. Les administrateurs peuvent adapter le réseau de manière agile sans avoir recours à des changements compliqués au niveau du matériel, même en cas de fortes fluctuations soudaines. Pour leur part, les fournisseurs cloud profitent entre autres d’une productivité accrue des administrateurs de réseau. Car au lieu d’utiliser des commutateurs propriétaires coûteux, le réseau basé sur la technologie SDN peut être développé avec des systèmes d’exploitation ouverts et des matériels «open networking» meilleur marché.


À l’avenir, rien n’ira plus sans le SDN

«Software is eating the world» (le logiciel dévore le monde) annonçait Marc Andreessen, fondateur de Netscape, en 2011. Dans le réseau de demain, le logiciel définira tous les services réseaux. La gestion s’émancipera du matériel. Un matériel standard peut se transformer en firewall, en commutateur ou en modem – tout cela grâce à la virtualisation.


Jusqu’à présent, en raison des conditions techniques, les canaux de données et de gestion étaient étroitement liés et traités directement dans le matériel de réseau. La virtualisation abolit cette liaison qui freine l’évolutivité et l’extension du réseau. À l’avenir, le Software Defined Networking sera incontournable. Le SDN remplira en un temps record l’agenda de tous les responsables informatiques qui planifient ou utilisent déjà un environnement virtuel évolutif. Car seul le SDN permet au réseau de devenir un vrai service – la technologie passe à l’arrière-plan.





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