Interview avec Petra Schmidhalter, Work Smart Coach

Work Smart Coaching

Work Smart est fonction de la culture d’entreprise


Le monde du travail, les systèmes de valeurs et les attentes vis-à-vis des employeurs sont en mutation. Petra Schmidhalter, Work Smart Coach auprès de Swisscom, explique l’importance des nouveaux modes de travail intelligents.


Publié dans PME, Janvier 2018




Quelles sont les conséquences sur les modes de travail d’une interconnexion toujours croissante?


Les collaborateurs sont plus flexibles et autonomes que jamais. Grâce à l’interconnexion, il devient possible de collaborer sans limite, indépendamment du temps, du lieu et de l’appareil. Mais afin que les collaborateurs puissent utiliser les nouvelles solutions avec bénéfice, ils doivent acquérir de nouvelles aptitudes et habitudes et rompre avec les anciens schémas. Sur ce point, l’entreprise a une grande responsabilité. Car l’interconnexion peut aussi s’avérer très exigeante. Nous devons donc apprendre à apprivoiser l’interconnexion et à la façonner.


Qu’est-ce que cela signifie pour les systèmes IT?


Bien utilisées, les nouvelles technologies nous aident à travailler plus efficacement. Mais pour ce faire, au-delà des bons outils, il faut aussi la bonne méthodologie et une culture d’entreprise adéquate. Car en dépit de la profusion de technologie, chaque solution n’est qu’aussi bonne que l’humain qui s’en sert.


A quoi ressemble le poste de travail moderne?


Il n’existe pas «un» poste de travail moderne. Ce qui importe, c’est que le poste de travail soit adapté aux rôles et aux besoins des utilisateurs. Dans le meilleur des cas, les collaborateurs peuvent choisir librement leur lieu et leur horaire de travail: ils restent par exemple chez eux pour faire un travail en profondeur, afin de ne pas être distraits. Pour éviter un trajet en train et réaliser un travail créatif, ils vont à l’espace de coworking au coin de la rue et, pour la réunion de leur équipe, ils se rendent au bureau. Lorsqu’on remodèle le concept de bureau, on ne saurait faire l’impasse sur la notion d’«activity based working»: je choisis mon poste de travail en fonction du contenu de mon travail, car il doit m’aider à bien m’acquitter de mes tâches.


Que se passe-t-il quand il n’y plus de lieu ni d’horaire?


N’allez pas croire qu’à l’avenir tous les employés pourront et voudront travailler de manière flexible. Il s’agit plutôt d’en donner la possibilité à ceux qui le souhaitent. Il y a cependant certaines limites, notamment sur le front de la clientèle. Reste qu’il est intéressant de noter que, de façon générale, nous constatons une tendance au retour au bureau. Car les formes de travail et d’entreprise agiles se nourrissent de l’échange physique. Aussi les entreprises devraient-elles maintenir dans leurs locaux un concept de bureau flexible, afin que l’environnement de travail soit polyvalent et se prête à des activités multiples.


Quelles sont les répercussions des nouveaux modes de travail flexibles?


Les entreprises évoluent de «storing organizations», où les données et les documents ne sont accessibles qu’à un groupe restreint d’utilisateurs, vers des «sharing organizations», où tout est garanti accessible à tout le monde. Les nouvelles technologies influencent de façon décisive ces nouvelles formes de collaboration. Et ce mode de collaboration influence à son tour la culture d’entreprise, notamment la notion de direction de collaborateurs.


Donc le style de direction repasse lui aussi au banc d’essai?


Oui, le rôle de direction se modifie complètement. Au XXe siècle, le chef était encore avant tout une instance de contrôle. Le travail était répétitif, programmable et maîtrisable. Dans les systèmes complexes actuels, il faut un encadrement qui enthousiasme et qui affiche une vision définie en commun avec les équipes. Du coup, le supérieur doit assumer un rôle de coach: celui qui crée les conditions-cadres permettant aux collaborateurs d’exploiter pleinement leur potentiel.







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