Il est déjà en place au Colorado. New York, la Californie, Washington et l’Indiana sont sur le point de l’adopter et Singapour, le Chili, le Costa Rica et l’Afrique du Sud prévoient de le faire: l’apprentissage professionnel selon le modèle suisse(ouvre une nouvelle fenêtre). Un apprentissage qui offre une formation pratique pour les métiers faciles d’accès, mais aussi pour les métiers plus complexes, et qui permet également d’accéder aux hautes écoles spécialisées et universités. Avec cette particularité, la Suisse fait encore figure d’exception à l’échelle internationale. «La Suisse possède le système éducatif le plus perméable au monde. Il est à tout moment possible d’évoluer et de changer pendant toute sa carrière professionnelle», explique Ursula Renold, professeure à l’EPF de Zurich. Ces dernières années, elle a régulièrement guidé des délégations internationales de haut vol à travers le paysage éducatif suisse. «L’intérêt des pays étrangers reste élevé, et ce notamment aussi par rapport à la crise du coronavirus et à la transition numérique. Aux États-Unis, l’État du Colorado œuvre depuis 2015 à la mise en place d’un programme de formation professionnelle dual. Cette expérience de cinq ans fait école dans le pays.»
Si à l’étranger l’apprentissage professionnel suisse fait de plus en plus figure de «Gold standard» – comme l’avait désigné l’ancien gouverneur des États-Unis John Hickenlooper –, en Suisse, bon nombre d’élèves peinent encore à se décider. La peur de rater une opportunité est trop grande. Pourtant, le principe de la formation professionnelle est simple: la maturité professionnelle peut être obtenue en parallèle de l’apprentissage ou après l’apprentissage, à l’issue d’études à temps partiel ou complet. Elle ouvre ainsi la porte à l’enseignement supérieur, en haute école spécialisée notamment. Lorsqu’on vise une formation universitaire, de médecine ou de droit par exemple, il est nécessaire après la maturité professionnelle de suivre une formation préparatoire, l’examen complémentaire Passerelle. Même si cela prend plus de temps qu’en passant par le gymnase, on a déjà un diplôme professionnel en poche grâce à l’apprentissage.