Un quart des jeunes interrogés ont déjà été victimes de cyberharcèlement. Un jeune sur dix a déjà été touché dans la catégorie des 12-13 ans. Les filles en sont généralement plus victimes que les garçons. Le harcèlement sexuel sur Internet est encore plus fréquent: près de la moitié des jeunes interrogés (44%) ont déjà été contactés via internet par un inconnu qui a exprimé des intentions sexuelles indésirables . Ce chiffre enregistre une forte augmentation depuis 2014 (2014: 19%). Là encore, les jeunes filles sont plus souvent visées (55% d’entre elles contre 28% des garçons). «Bien sûr, les jeunes de cet âge s’intéressent de plus en plus aux contenus de nature sexuelle. Mais c’est bien différent lorsqu’il se retrouvent confrontés à de tels contenus à leur insu», explique Michael In Albon, délégué à la protection de la jeunesse dans les médias de Swisscom. La hausse considérable de ces actes de harcèlement serait également liée à la banalisation des contenus sexualisés sur le réseau. «Nos expériences provenant des cours sur les médias se recoupent avec ces chiffres: il faut mettre en place des actions de sensibilisation auprès des jeunes, mais aussi auprès des parents et des enseignants», défend Michael In Albon. Et par ailleurs enseigner des stratégies de comportement aux jeunes. «Savoir prendre ses distances, dire non, bloquer des émetteurs, pouvoir parler ouvertement de ce type d’incident avec des référents» sont des éléments importants.
Plus les jeunes avancent en âge, plus ils sont exposés à des contenus pornographiques et au sexting. Chez les 18/19 ans, une bonne moitié ont déjà visionné au moins une fois des contenus pornographiques sur leur téléphone mobile ou un ordinateur, ou reçu des photos érotiques d’autres personnes. L’intérêt pour les contenus érotiques et de nature sexuelle fait partie du développement de sa propre sexualité et de la progression vers l’âge adulte. Mais cela peut s’avérer problématique, selon les chercheurs, dans la mesure où ces contenus peuvent transmettre une image fausse ou biaisée de la sexualité et même déstabiliser celui ou celle qui les visionne. Des représentations érotiques peuvent aussi être utilisées à mauvais escient dans le but de harceler les personnes.